Jonathan Lafrenière-Milot
Jonathan Lafrenière-Milot

Meurtre à Granby: Jonathan Lafrenière-Milot écope de 12 ans de prison

L’auteur d’un meurtre survenu lors d’une transaction de drogue à Granby en 2018 a obtenu sa sentence. Jonathan Lafrenière-Milot, 31 ans, a été condamné à 12 ans de pénitencier.

La principale accusation retenue contre lui, soit l’homicide involontaire coupable, est «l’une des infractions les plus graves du Code criminel», a indiqué le juge Érick Vanchestein, de la Cour du Québec, en rendant sa décision au palais de justice de Granby, jeudi.

Il a ajouté que «les faits s’apparentent à un quasi-meurtre et n’ont rien d’accidentel». «Il y avait prévisibilité objective de causer la mort. La culpabilité morale de l’accusé est totale.»

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Dans la nuit du 28 juillet 2018, l’accusé s’est rendu en taxi derrière un restaurant de la rue Authier pour y livrer 3,5 g de cocaïne. Le client, Cédric Dupuis Skinner, a toutefois empoigné la marchandise en signifiant qu’il n’avait pas l’intention de payer la somme due.

Lors de l’échauffourée qui s’ensuivit, celui qui se faisait appeler Joe Jack Milo s’est servi d’un couteau à ouverture automatique, une arme prohibée, pour poignarder sa victime. «Un seul coup a suffi à mettre la victime au sol», a dit le juge Vanchestein.

M. Dupuis Skinner, un homme de 20 ans qui s’affichait avec des objets à l’effigie des Hells Angels, est mort d’une «hémorragie au coeur massive».

«Mépris total»

Comme facteurs atténuants, le tribunal a retenu le caractère spontané du crime et le fait que l’accusé n’était pas l’initiateur de l’altercation. À l’opposé, M. Lafrenière-Milot n’a pas hésité à utiliser la violence pour arriver à ses fins, avait de nombreux antécédents judiciaires et démontrait un «mépris total des ordonnances de la cour», a dit le juge.

Au moment du crime, il était sous probation, devait respecter un couvre-feu et ne pas avoir de drogue en sa possession. Finalement, le magistrat a souligné que le meurtre est survenu lors d’une transaction de drogue «un véritable fléau dans notre société».

La mère de l’accusé, qui a demandé à ne pas être identifiée, s’est effondrée en larmes à sa sortie de la salle d’audience. Elle s’est dite «fâchée contre le système de justice» puisqu’à son avis son fils n’a fait que se défendre. C’était d’ailleurs la thèse des avocats de M. Lafrenière-Milot, Me Rémi Cournoyer-Quintal et Me Jean-François Lambert.

«L’autre voulait le passer», a-t-elle laissé tomber.

Quant au père de la victime, Richard Skinner, il a refusé de commenter l’issue du procès. La mère, Brigitte Dupuis, «vit en permanence un sentiment d’impuissance», a mentionné le juge Vanchestein, ajoutant que «le tribunal est conscient qu’aucune peine ne constitue un baume pour la famille de la victime».

«Se prendre en main»

Au terme de son procès, M. Lafrenière-Milot avait également été trouvé coupable de trafic de drogue; cette charge a été calculée dans la sentence imposée. Comparaissant de prison par visioconférence, comme c’est maintenant la norme, il n’a pas réagi à l’audition de sa sentence.

«Il a plusieurs années devant lui pour se prendre en main, a dit le juge Vanchestein. Rien ne démontre qu’il ne pourra pas réintégrer la société.»

À la peine de 12 ans imposée, il faut en soustraire trois, ce qui équivaut au temps que M. Lafrenière-Milot a passé aux arrêts en attendant son procès, une période appelée «détention préventive». À sa sortie de prison, il ne pourra posséder d’arme pour le reste de sa vie.

La poursuite dans ce dossier était représentée par Me Karine Guay, du bureau de la Couronne à Granby.

La victime, Cédric Dupuis Skinner.