Entre le sommet des ventes de DVD et Blu-Ray en sol québécois atteint en 2009 (11,6 millions d’unités vendues) et le creux de 2017 (4,2 millions d’unités vendues), la dégringolade est de 64 %.

Même l’État abandonne les DVD...

Il ne se vend tellement plus de DVD et de Blu-Ray au Québec que l’État a décidé de cesser d’en compiler les statistiques.

L’Observatoire de la culture et des communications de l’Institut de la statistique du Québec dévoilait mercredi ses plus récentes données sur les ventes de vidéogrammes dans les commerces de la province. Les vidéogrammes rassemblent toute production commercialisée sur le support DVD et le support Blu-Ray (séries télé, programmes d’entraînement, films, concerts, etc.). 

La chute est vertigineuse. Entre le sommet des ventes en sol québécois atteint en 2009 (11,6 millions d’unités vendues) et le creux de 2017 (4,2 millions d’unités vendues), la dégringolade est de 64 %. La baisse s’est accentuée de 29 % entre 2016 et 2017. 

«La part des productions québécoises [en 2017] parmi les vidéogrammes vendus est de 4,3 %», poursuit le compte-rendu. Sans surprise, les productions américaines représentaient 83 % des acquisitions, et ce, pour une troisième année consécutive.

À la toute fin de son communiqué, l’Observatoire ajoutait ceci : «Ces résultats sur les ventes de vidéogrammes au Québec sont les derniers à être diffusés par l’Observatoire». La série statistique prend fin avec les données de 2017.

Pourquoi? «On va consacrer nos efforts à la production de statistiques sur d’autres secteurs du numérique. Très clairement, ce marché est en très forte diminution. C’est un marché qui demande beaucoup d’efforts pour les résultats actuels. On va faire autre chose. On va trouver d’autres secteurs du numérique», a expliqué au Soleil Dominique Jutras, directeur de l’Observatoire.

Changements dans la compilation

Plateformes de visionnement en continu, supports virtuels, l’Observatoire planche actuellement sur de nouvelles façons de compiler les habitudes de consommation des Québécois. «On sait qu’il faut y aller [vers le numérique] et on est exploration des outils qu’on peut mettre en place. […] Il faut trouver des façons de fournir de bonnes données», a ajouté M. Jutras.

La fin de cette série statistique ne signifie pas que l’État cessera toute compilation de données entourant l’audiovisuel. M. Jutras a précisé que certaines informations notamment sur l’offre de vidéogrammes — qui suit forcément la même tendance que la demande — seront toujours disponibles, en raison de certains mandats du ministère de la Culture. 

«Ce n’est pas une perte totale de données. On publie sur notre site des données sur l’offre, c’est-à-dire les attestations que la Direction du classement des films émet.» L’Observatoire produit déjà des données sur le livre numérique.