Le directeur général par intérim du Salon, Daniel Gélinas, n’a pas caché son enthousiasme mardi à l’idée d’accueillir la «visite rare» de Margaret Atwood, «icône de la littérature».

Margaret Atwood au Salon international du livre de Québec [VIDÉO]

La réputée romancière et poétesse canadienne Margaret Atwood donnera le coup d’envoi du prochain Salon international du livre de Québec (SILQ), le printemps prochain, en prenant part à une conversation publique animée par Marie Laberge.

En point de presse, mardi, le directeur général par intérim du Salon, Daniel Gélinas, n’a pas caché son enthousiasme à l'idée d’accueillir la «visite rare» de cette «icône de la littérature», auteure prolifique d’une cinquantaine d’oeuvres de fiction, de recueils de poésie et d’essais critiques.

Sa venue, le 14 avril, est d’autant plus un coup de maître pour le SILQ que l’auteure vient de remporter le prestigieux Booker Price pour Les testaments, suite de son roman La servante écarlate (The Handmaid’s Tale), publié en 1985. À l’heure du mouvement #Metoo, l’adaptation pour la télévision de cette oeuvre dystopique, qui relate l’asservissement des femmes sous un régime totalitaire, a connu un succès planétaire.

Pour le public, il s’agira d’une «chance unique» d’entendre une artiste «avec des positions bien arrêtées sur un paquet de sujets, dont le féminisme», mentionne Daniel Gélinas. J’ai même lu qu’elle avait appuyé le Bloc Québécois en 2008, ce qui est assez particulier pour quelqu’un qui vient de l’Ontario.»

La dernière visite en nos murs de la romancière de 80 ans, qui s’exprime couramment en français, remonte en 2015 pour l’événement Québec en toutes lettres. L’organisation du SILQ travaille depuis plusieurs mois à préparer son retour. Les négociations ont été longues en raison de l’agenda chargé de la romancière qui, en outre, a été éprouvée par la mort de son mari l’automne dernier.

«Dans l’esprit de Mme Atwood, il n’a aucunement été question de ne pas venir à Québec. Il s’agissait seulement d’une question de disponibilités», explique la directrice des communications du SILQ, Johanne Mongeau.

Engouement

La venue de cette invitée de prestige dans la capitale réjouit le maire Labeaume, présent au point de presse, d’autant plus que l'événement épouse à merveille son récent titre de ville littéraire de l’UNESCO. «Ça démontre que l’organisation est plus forte qu’un seul individu», indique-t-il, en revenant à mots couverts sur le congédiement, l’été dernier, de l’ancien président directeur général du SILQ, Philippe Sauvageau, visé par des allégations de mauvaise gestion et de dépense excessives.

Son successeur, Daniel Gélinas, n’a pas voulu élaborer sur cet épisode malheureux qu’on désire de toute évidence laissé loin derrière. Nommé directeur général par intérim en avril 2019, l’ancien patron du Festival d’été a surtout insisté sur l’importance d’apporter des améliorations à la programmation du SILQ, qui figure déjà comme l’événement littéraire grand public qui connaît le plus de succès au Québec.

«Cent pour 100 des stands sont loués, et il y a même une liste d’attente. Ça démontre à quel point l’engouement est fort», fait savoir Daniel Gélinas.

Bon an mal an, le SILQ attire 70 000 visiteurs, dont un nombre important d’élèves. À certaines périodes, les habitués vont en convenir, il devient difficile de circuler dans les allées, surtout la fin de semaine. Aussi le directeur général compte-il travailler à mieux répartir l’affluence sur les cinq jours de l’événement.

Quant à savoir si son poste en deviendra un qu’il occupera en permanence, Daniel Gélinas joue de prudence. «Je ne le sais pas encore. Pour l’instant, tout le monde a l’air bien heureux que je sois là. Je vais faire le cycle, jusqu’en mai 2020, et ensuite je déciderai.»

Le prochain Salon international du livre se tiendra du 15 au 19 avril 2020.

Les billets pour la conférence de Margaret Atwood sont mis en vente mercredi, à 9h, au coût de 25$. Quelques laissez-passer VIP en quantité restreinte, à 100$, avec place réservée, sont également disponibles sur Lepointdevente.com