Les bureaux de SNC-Lavalin à Montréal
Les bureaux de SNC-Lavalin à Montréal

Maintien du siège social au Québec: pas d’obligations pour SNC-Lavalin après 2024

Julien Arsenault
La Presse canadienne
MONTRÉAL — Lorsque la page sera tournée sur 2024, plus rien n’empêchera la firme d’ingénierie SNC-Lavalin, si elle le désire, de déménager son siège social, qui se trouve actuellement au centre-ville de Montréal, à l’extérieur du Québec.

Un règlement interne dans lequel on retrouve toujours une disposition permettant au conseil d’administration d’opter pour une autre province au Canada a été modifié, jeudi, après avoir obtenu le feu vert des actionnaires dans le cadre du rendez-vous annuel, qui s’est essentiellement déroulé dans la langue de Shakespeare.

De plus, la proposition du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) visant à obtenir un engagement ferme quant au maintien du quartier général de SNC-Lavalin dans la métropole a été battue. Le conseil de l’entreprise avait invité les porteurs de titres à voter contre cette initiative.

«Nous avions indiqué à de nombreuses reprises que nous mettons l’accent sur la mise en œuvre de notre nouvelle orientation stratégique, et ce faisant, à bâtir une entreprise de services d’ingénierie de calibre mondial dont le siège social est à Montréal», a souligné la compagnie dans un courriel envoyé à La Presse canadienne.

Celle-ci a affirmé que la modification du règlement interne, qui existe depuis 2005 et qui contient une multitude d’articles, visait à permettre la tenue d’une assemblée générale virtuelle en raison du contexte découlant de la pandémie de COVID-19. Elle n’a pas indiqué pourquoi la disposition lui permettant de plier bagage ailleurs au Canada existait toujours.

Pendant le rendez-vous virtuel, ni le président et chef de la direction Ian Edwards, ni le président du conseil d’administration Kevin Lynch, qui quittera son poste, n’ont commenté la proposition soumise par le MÉDAC.

SNC-Lavalin doit maintenir son siège social au Québec jusqu’en 2024 dans le cadre des conditions entourant le prêt que la firme avait contracté auprès de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) afin d’acquérir la firme londonienne WS Atkins en 2017.

«Nous comprenons mal la raison pour laquelle l’engagement de la société à maintenir son siège à Montréal fait partie d’une entente avec un investisseur important, a fait valoir le MÉDAC, lors de l’assemblée. SNC-Lavalin aurait-elle autrement voulu partir? Cela nous apparaît totalement inconcevable.»

Dans un document présenté par l’entreprise au gouvernement Trudeau et que La Presse canadienne avait obtenu, la firme avait prévenu les procureurs fédéraux, à l’automne 2018, qu’elle pourrait se scinder en deux, déménager ses bureaux aux États-Unis et démanteler ses activités canadiennes si elle n’obtenait pas une entente à l’amiable afin de mettre de côté les accusations criminelles qui pesaient sur elle à l’époque.

SNC-Lavalin n’a pas précisé, pendant l’assemblée, la proportion des actionnaires ayant accepté la modification du règlement interne et rejeté la proposition du MÉDAC.

Principal actionnaire de la société avec une participation d’environ 20 %, la Caisse a affirmé qu’elle allait dévoiler la façon dont elle avait voté au cours des prochains jours sur son site internet.

Parallèlement à la tenue de son assemblée annuelle, SNC-Lavalin a dévoilé ses résultats du premier trimestre terminé le 31 mars où elle a affiché une perte nette de 66 millions $, ou 38 ¢ par action, par rapport à une perte nette de 17,3 millions $ ou 10 ¢ par action, il y a un an.

La compagnie a réévalué à la baisse de 52,7 millions $ la contrepartie qu’elle devait recevoir dans le cadre de la vente d’une partie de sa participation dans l’autoroute à péage 407 en Ontario.

Ses revenus trimestriels se sont établis à 2,23 milliards $, alors qu’ils avaient été de 2,36 milliards $ au premier trimestre l’an dernier.

Abstraction faite des éléments non récurrents, SNC-Lavalin a généré un profit ajusté de 25,7 millions $ ou 15 ¢ par action, en baisse par rapport à un bénéfice ajusté de près de 36,9 millions $ ou 21 ¢ par action il y a un an.

Le 27 mars, la firme avait mis sur la glace ses prévisions pour l’exercice en citant, à l’instar de nombreuses compagnies, l’incertitude provoquée par la pandémie de COVID-19.