Le campus de l'Université d'Ottawa

Lutte à la discrimination raciale à l'Ud'O: des groupes étudiants en veulent plus

Un regroupement d’organisations étudiantes et d’associations militantes de l’Université d’Ottawa (Ud’O) soutient que la réaction de l’administration à l’arrestation controversée d’un étudiant noir en juin dernier est insuffisante.

La coalition composée notamment du Syndicat des étudiants de l’Ud’O (SÉUO) et du Syndicat des étudiant(e)s employé(e)s de l’Ud’O (SÉEUO) dénonce un manque de transparence de la part de la direction de l’Ud’O qui, de surcroît, ne consulterait pas suffisamment la communauté noire du campus, selon eux.

«La réaction de l’administration face à un incident isolé ne permet pas de lutter de manière significative contre le racisme systémique», indique le regroupement dans une lettre ouverte.

«Il n’y a eu absolument aucun dialogue entre l’administration et des groupes qui ont exprimé leurs inquiétudes après l’incident de juin. Il n’y a eu aucune consultation à propos de cet enjeu», ajoute la présidente de l’Association des étudiant(e)s en études des conflits et droits humains (AÉCH) à l’Ud’O et porte-parole du regroupement, Jayde Lavoie.

Cette coalition rappelle qu’un autre incident impliquant un étudiant noir s’est produit depuis l’arrestation de Jamal Boyce par un employé du service de protection de l’Ud’O en juin, un événement en partie provoqué par de la discrimination raciale a conclu une enquête indépendante commandée par le Bureau des droits de la personne de l’Ud’O.

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Wiliston Mason a porté plainte à ce même Bureau des droits de la personne après une altercation avec un garde de sécurité employé par l’entreprise Garda dans sa résidence étudiante le 14 septembre dernier. 

Selon M. Mason, l’agent a agrippé son sac à dos et s’est placé entre lui et l’ascenseur menant à son étage après qu’il ait refusé de lui présenter une pièce d’identité alors qu’il avait déjà traversé le portillon d’accès déverrouillable uniquement à l’aide de la carte étudiante des résidents du bâtiment.

«Il s’agit du deuxième incident de profilage racial connu survenu sur le campus au cours des quatre derniers mois, ce qui montre à quel point le racisme anti-noir est profondément enraciné dans cette institution», écrit le regroupement.

Les groupes étudiants formulent une liste de demandes, notamment «que les services de protection n’aient jamais le pouvoir de demander aux étudiants une preuve d’identité, sauf dans des cas exceptionnels» et l’organisation «de formations récurrentes sur la lutte contre l’oppression et le racisme pour tout le personnel universitaire, y compris les professeurs, les employés et les services de protection».

Mme Lavoie souligne que ces revendications sont très similaires à celles formulées par différents groupes sur le campus après un incident survenu en 2009.

Rappelons que l’Ud’O attend la seconde partie de l’enquête indépendante demandée par son Bureau des droits de la personne. 

Le rapport doit dresser un portrait des enjeux de discrimination raciale dans leur ensemble sur le campus et formuler des recommandations sur les politiques et pratiques à revoir pour combattre ce phénomène.

Bien qu’elle soit critique de l’approche de la direction de l’institution, la porte-parole de la coalition, Jayde Lavoie, dit avoir bon espoir que ce rapport reflétera les enjeux soulignés par les différentes organisations sur le campus de l’Ud’O qui se sont prononcées depuis l’arrestation de Jamal Boyce en juin.