Le président général de l’UPA, Marcel Groleau, aimerait continuer à travailler avec Marie-Claude Bibeau comme ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire.

L’UPA espère la même ministre fédérale de l’Agriculture

RIMOUSKI – L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande au premier ministre Justin Trudeau de reconduire Marie-Claude Bibeau, réélue pour un deuxième mandat lundi dans Compton-Stanstead, au titre de ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire.

«On avait eu la chance d’avoir une ministre de l’Agriculture provenant du Québec dans la fin du mandat du dernier gouvernement, a indiqué le président général de l’UPA, Marcel Groleau, lors de sa visite à Rimouski, mardi, pour la 89e assemblée générale annuelle de la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, à laquelle ont pris part quelque 200 agriculteurs. On a travaillé avec elle sur plusieurs dossiers qui ont débloqué, notamment sur les compensations pour le secteur laitier. Même si on n’a pas grand mot à dire là-dedans, j’aimerais bien qu’on puisse continuer à travailler avec elle pour les prochains mois.»

Au chapitre de la gestion de l’offre, M. Groleau ne se fait toutefois pas d’illusions. «Les marchés qu’on a perdus dans les négociations, on ne les retrouvera pas, est-il persuadé. Je pense que les producteurs ont bien compris ça, même si, pendant la campagne, on a entendu des partis dire qu’ils iraient renégocier l’accord avec les États-Unis. On n’était pas naïfs! Personne ne croyait ça.»

Le président général de l’UPA se réjouit toutefois que le Parti libéral du Canada et les autres partis se soient engagés à ne plus faire de concessions supplémentaires dans le secteur laitier. Cependant, cet engagement ne s’applique pas aux secteurs sous gestion, dont celui de la volaille, qui souhaiterait profiter du même privilège.

Continuer la pression

Par ailleurs, l’organisme entend bien «continuer à harceler le gouvernement» sur les normes d’importation. «On importe des veaux de lait d’Europe qui ne respectent pas les cahiers de charges des veaux de lait produits au Québec ou au Canada et il est importé quand même, donne comme exemple M. Groleau. Nous, si on veut exporter du bœuf en Europe, ça doit être du bœuf sans hormones, né, élevé et abattu au Canada. Il faut que l’abattoir soit visité par l’acheteur européen certifié. C’est parce que les normes européennes continuent à s’appliquer qu’on n’exporte à peu près rien en Europe, malgré qu’on ait accès à ce marché. On n’accepte pas que ce soit les normes canadiennes qui servent de référence au bœuf qu’on vend. C’est deux poids, deux mesures!»

La liste des produits importés qui ne respectent pas les normes canadiennes est longue. Pensons aux fromages au lait cru. «Ici, il y a une période de maturation de 62 jours, mentionne-t-il. En Europe, il n’y a pas cette exigence-là. On importe des fromages au lait cru d’Europe et on les vend sur nos marchés.»

Les agriculteurs déplorent également les produits importés au Canada qui sont non vérifiés et qui ne respectent pas les standards. «S’ils étaient vérifiés, ils ne passeraient pas, soutient le président de l’UPA. […] La population est derrière nous dans ces dossiers-là.»

En début d’assemblée, Gilbert Marquis a été réélu président de la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent pour un quatrième mandat. Le premier vice-président, Francis April, a aussi été réélu pour un mandat de deux ans.