L'Université Laval interdira toute relation intime entre les profs et leurs étudiants

L’Université Laval interdira toute relation intime entre les professeurs et leurs étudiants. Elle obligera également les dizaines de milliers de personnes fréquentant le campus à suivre une formation de sensibilisation aux violences à caractère sexuel.

Vendredi, l’institution a présenté son projet de Politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel afin de répondre aux exigences d’une loi votée par l’Assemblée nationale. Elle comporte des mesures ambitieuses qui devront être mises en place d’ici la rentrée automnale 2019.

«Un des éléments importants du projet de politique consiste à clarifier les cas où il y aurait un rapport intime entre une personne étudiante et un membre du personnel», explique la vice-rectrice aux ressources humaines, Lyne Bouchard. 

«Le projet de politique n’interdit pas les rapports intimes, tels qu’amoureux ou sexuels, entre un membre du personnel de l’Université et une personne étudiante.» Ne seront toutefois pas permis les rapprochements si un lien d’autorité existe, aussi ténu soit-il. Si les deux veulent néanmoins poursuivre leur idylle, le prof, par exemple, ne pourra plus enseigner ou superviser les travaux de sa partenaire.Le document souligne entre autres que les relations amoureuses et sexuelles ne seront pas tolérées entre un membre du personnel et un étudiant s’il y a un lien d’autorité. Si les deux veulent néanmoins poursuivre leur idylle, le prof, par exemple, ne pourra plus enseigner ou superviser les travaux de sa partenaire.

L’encadrement de ces relations n’était toutefois pas le défi principal à relever, note la rectrice Sophie D’Amours. Elle rappelle qu’une étude diffusée fin 2017 révélait que près de 40 % des étudiants et étudiantes disent avoir vécu un geste de violence sexuelle depuis leur arrivée à Laval. Mais que la majorité des situations problématiques se déroulent durant des activités sociales, des fêtes.

Mais peu importe si les faits reprochés surviennent entre un employé et une étudiante ou entre deux étudiants, la nouvelle politique s’assurera que les présumées victimes puissent porter plainte et recevoir de l’aide à un seul endroit où seront regroupés les services, ajoute le vice-recteur exécutif, Robert Beauregard.Autre nouveauté, la création d’un Centre d’intervention et de prévention où seront regroupées toutes les ressources pour accueillir et épauler les présumées victimes.

«L’Université Laval sera dotée d’un nouveau Centre d’intervention et de prévention des violences à caractère sexuel.»

«Notre politique prévoit également de nombreuses activités de prévention, de sensibilisation, de responsabilisation», ajoute-t-il. «Nous annonçons également la mise en place d’une formation obligatoire sur les violences à caractère sexuel qui devra être suivi autant par la communauté étudiante, que par l’ensemble du personnel, des gestionnaires, des membres de la direction.»

Cette formation sera offerte en ligne puisque l’Université Laval accueille environ 50 000 étudiants, 1200 professeurs et 10 000 employés. «C’est beaucoup de monde !»

Les deux grands regroupements d’associations étudiantes de l’Université Laval, la CADEUL et l’AELIÉS, ont participé à l’élaboration de la politique et lui ont réservé un accueil favorable. «Elle est une traduction concrète d’un changement de culture qui est en train de s’opérer dans la société», observe le président de la première, Mathieu Montégiani.

La communauté universitaire peut commenter le projet de politique jusqu’au 26 octobre.