Dans le cadre d'un cours d’engagement humanitaire créé à l'Université d'Ottawa, des étudiants iront dans des CHSLD de l’Outaouais.
Dans le cadre d'un cours d’engagement humanitaire créé à l'Université d'Ottawa, des étudiants iront dans des CHSLD de l’Outaouais.

L’Ud’O offre un cours d’engagement humanitaire en CHSLD

En deux jours à peine, 20 étudiants de l’Université d’Ottawa (Ud’O) se sont inscrits à un cours d’engagement humanitaire créé dans le contexte de la pandémie, qui leur permettra une immersion de quatre semaines dans des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de l’Outaouais.

Comme partout ailleurs en province, le manque de personnel s’est fait durement sentir dans les CHSLD de l’Outaouais depuis le début de la pandémie de COVID-19. Bien conscients de cette réalité, cinq collègues de l’Ud’O ont uni leurs efforts afin de bâtir un nouveau cours qui permettra aux étudiants d’apprendre tout en soutenant le réseau de la santé.

La professeure de l’Université d’Ottawa, Karine Croteau

La professeure Karine Croteau et ses collègues Jean-Martin Deslauriers, Monique Gibbens, Jacynthe Mayer et Marguerite Soulière se sont inspirés d’une initiative similaire mise sur pied à l’Université de Montréal pour lancer un tel cours.

Des démarches ont été faites auprès du réseau ontarien, mais c’est finalement du côté de l’Outaouais que les choses ont débloqué plus rapidement, a expliqué Mme Croteau en entrevue.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) s’est montré ouvert à accueillir 20 étudiants dans le cadre de ce cours, qui «s’est rempli en deux jours», indique Mme Croteau.

Le cours de trois crédits était accessible aux étudiants de différentes disciplines de la faculté des sciences sociales de l’Ud’O.

Marie Aimée Simbi est inscrite au cours d’engagement humanitaire

Dans le lot se retrouve Marie-Aimée Simbi, inscrite au baccalauréat en sciences sociales spécialisé en études de conflits et droits humains.

«J’ai arrêté de travailler à cause de la COVID-19 et j’avais décidé de faire des cours d’été pour m’avancer et ne pas rester à la maison à ne rien faire, raconte-t-elle. Le cours [d’engagement humanitaire] permet bien sûr de recevoir des crédits universitaires, mais c’est aussi une possibilité de sortir et d’aider des gens dans le besoin dans les maisons de retraite.»

Accompagnement psychosocial

À raison de 24 heures par semaine pendant quatre semaines, les étudiants auront surtout le mandat de faire de l’accompagnement psychosocial.

Ils pourront notamment discuter avec les résidents des CHSLD et les aider à communiquer avec leurs proches grâce à la technologie, le tout afin de les «sortir de l’isolement», a expliqué Mme Croteau, qui partagera la tâche d’enseignement avec trois de ses collègues. Un «séminaire de réflexion critique» est aussi prévu chaque jeudi.

L’entente avec le CISSSO prévoit que les étudiants iront seulement dans des CHSLD où aucun cas de COVID-19 n’est actif, à Gatineau comme en périphérie. Des «contacts étroits» sont aussi prévus avec les gestionnaires du CISSSO pour que les étudiants sachent à qui se référer en cas de besoin, a précisé Mme Croteau.

Marie-Aimée Simbi ne devrait pas être trop dépaysée par l’environnement dans lequel elle évoluera pendant ce cours.

«Mes deux parents sont des infirmiers et vont travailler dans des maisons de retraite avec des personnes âgées, et on parlait souvent du fait que les personnes sont souvent seules, raconte l’étudiante. […] Avant l’université, je faisais beaucoup de bénévolat dans une maison de retraite près de chez nous.»

Karine Croteau et ses collègues s’attendent de leur côté à ce que le cours représente «tout un défi» pour les étudiants, qui vivront en même temps «une expérience très formatrice», a fait valoir la professeure de l’Ud’O.