Après le vote, Louis Robert a indiqué, par communiqué, qu'il était déçu, mais satisfait d'avoir été à l'origine de débats importants.

Louis Robert ne sera pas président de l'Ordre des agronomes du Québec

MONTRÉAL — L'agronome Louis Robert, congédié par le ministère de l'Agriculture pour avoir dénoncé l'ingérence de l'industrie privée dans la recherche sur les pesticides, n'a pas réussi à gagner l'élection pour la présidence de son ordre professionnel.

Le président Michel Duval et le vice-président Pascal Thériault ont été réélus pour un second mandat selon le communiqué publié jeudi soir par l'Ordre des agronomes du Québec, qui compte 3300 membres.

Selon l'Ordre, «il s'agit d'un vote historique avec un taux de participation record de 64,1 %».

Après le vote, Louis Robert a indiqué, par communiqué, qu'il était déçu, mais satisfait d'avoir été à l'origine de débats importants : «Il est vrai que je suis déçu du résultat, mais je n'en suis pas amer. Je me console en me disant que les enjeux ont été soulevés et seront débattus à l'Ordre. Ils ne seront pas oubliés pour autant. Espérons qu'ils seront réglés dans un proche avenir. Je remercie tous ceux qui m'ont appuyé».

Louis Robert avait été congédié, en janvier dernier, après avoir transmis à un journaliste un document confidentiel dans lequel il était question d'une situation de crise au sein du Centre de recherche sur les grains (CÉROM).

Dans cette note ministérielle, il était notamment possible de lire que des chercheurs avaient fait l'objet de tentatives d'intimidation et d'ingérence dans l'exercice de leurs fonctions.

Le congédiement du professionnel avait déclenché un vaste mouvement d'appui en sa faveur et dans la foulée, le gouvernement avait annoncé la tenue d'une commission parlementaire sur les pesticides, qui a amorcé ses travaux jeudi à Québec.

Toujours en lien avec le congédiement de Louis Robert, au début du mois de mars, le Syndicat de professionnelles et de professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) avait déposé un grief pour son membre contre le ministre de l'Agriculture lui-même, André Lamontagne, une procédure sans précédent.

Par ailleurs, Québec solidaire a déposé un projet de loi jeudi matin, en vue de renforcer la protection des lanceurs d'alerte.

Il vise essentiellement à modifier la loi actuelle en permettant à un lanceur d'alerte de s'adresser à un média pour effectuer sa divulgation publique, plutôt que de l'obliger à s'adresser à la police.

Louis Robert a ainsi été puni pour avoir dénoncé une situation en communiquant avec un journaliste, a résumé le député de Rosemont, Vincent Marissal, qui pilote le projet de loi.