La petite Charlotte, 3 ans, est décédée la semaine dernière après avoir contracté l'influenza.

L'influenza, un virus «sournois et imprévisible»

Le décès de la petite Charlotte, trois ans, lève le voile sur le caractère «sournois et imprévisible» de l’influenza.

Médecin-conseil en maladies infectieuses à la Direction de santé publique de l’Outaouais, la Dre Carol McConnery ne peut se prononcer sur le cas particulier de la petite Charlotte, cette fillette de Lochaber décédée la semaine dernière après avoir contracté l’influenza.

La Dre McConnery note toutefois que le virus de l’influenza donne du fil à retordre aux autorités de santé publique en raison de ses particularités. «C’est un virus sournois et imprévisible, qui peut rapidement changer une fois qu’il circule, précise-t-elle. [...] Il peut muter et devenir moins agressif ou encore plus agressif.»

À l’heure actuelle, l’Outaouais connaît une activité grippale étendue. «Ce que ça veut dire, c’est qu’il y a des cas signalés par mal partout» dans la région, explique la Dre McConnery. Des cliniques d’hiver ont d’ailleurs ouvert leurs portes mardi dans la région afin de désengorger les urgences des cas les moins prioritaires.

Pour savoir quand il importe de voir un professionnel de la santé en cas de symptômes grippaux, la médecin-conseil recommande de consulter le document «Aide à la prise de décision» disponible sur le site Internet du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais. Le service Info-Santé peut aussi être joint au 8-1-1.

Vaccination

La vaccination fait évidemment partie des «outils» des autorités de la santé publique «pour prévenir la circulation de l’influenza». Son efficacité varie cependant grandement d’année en année. Les souches sont choisies à partir de celles qui circulent plus tôt dans l’année dans l’hémisphère sud, puisqu’il faut «au moins six mois pour fabriquer le vaccin», indique la Dre McConnery. Dans l’intervalle, le virus peut muter, tandis que d’autres souches peuvent prendre le dessus.

En Ontario, le vaccin contre la grippe saisonnière est offert gratuitement à toute personne qui demeure, étudie ou travaille dans la province. De nombreux résidents de l’Outaouais qui traversent la rivière chaque jour peuvent donc y avoir accès sans piger dans leur porte-monnaie.

Au Québec, la campagne de vaccination gratuite n’est offerte qu’à certains groupes de personnes considérées à risque. «L’objectif, c’est de diminuer les décès et les hospitalisations», précise la Dre McConnery.

En juin dernier, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a publié un rapport sur la révision du programme provincial d’immunisation contre l’influenza. On y présente notamment de statistiques sur le nombre de décès «attribuables à l’influenza» par groupe d’âge.

Dans les groupes d’âge regroupant les enfants de moins de cinq ans, pour la période de 2011-2012 à 2015-2016, on rapporte l’équivalent de 0,39 à 1,02 décès par année pouvant être attribués à la grippe saisonnière. Les décès tragiques comme celui de la petite Charlotte, qui était le «petit rayon de soleil» de ses parents, sont donc rares. La très grande majorité des décès sont survenus chez les 75 ans et plus.

Le comité chargé de la révision du programme d’immunisation contre la grippe saisonnière recommandait donc de retirer les 6 à 23 mois et les 60 à 74 ans – s’ils sont en bonne santé – des groupes admissibles à la vaccination gratuite. Le gouvernement libéral avait statué qu’il en serait ainsi.

Fraîchement nommée ministre de la Santé au sein du gouvernement de la Coalition avenir Québec, Danielle McCann avait fait annuler ces modifications en octobre dernier, à l’aube de l’actuelle campagne de vaccination.