Les déneigeuses étaient à l’œuvre jeudi dans les rues de Québec. La Ville réalisera une étude sur l’évolution de l’industrie du déneigement, dans la foulée des hausses des soumissions observées cet hiver.

L’industrie du déneigement sous la loupe à Québec

La Ville de Québec allonge 103 000 $ pour réaliser une étude économique et financière sur l’évolution de l’industrie du déneigement.

«L’étude permettra d’obtenir des données qualitatives et quantitatives afin d’établir un diagnostic et de déterminer les principaux enjeux liés à la transformation de l’industrie du déneigement», peut-on lire dans un sommaire décisionnel adopté mercredi par le comité exécutif de la Ville de Québec.

L’un de ces enjeux a frappé de plein fouet à l’automne avec une hausse moyenne observée de 19 % des soumissions pour 11 des 45 zones déneigées par des entrepreneurs. 

L’augmentation des soumissions autour de 50 % pour les zones Val-Bélair et les Rangs ouest (à l’ouest de la rue de l’Aéroport) avait même obligé la Ville à lancer une seconde ronde d’appel d’offres. 

Sans plus de succès, la Ville a finalement décidé de faire effectuer le travail par ses cols bleus.

Le phénomène d’explosion des coûts de déneigement est observable sur l’ensemble du territoire de la Ville. À titre d’exemple, la hausse vécue cet hiver est de 31,3 % dans Saint-Sacrement, 31,5 % pour le boulevard Wilfrid-Hamel et la route Jean-Gauvin, et de 33,5 % pour Mesnil-Nord.

À l’époque, le maire Régis Labeaume écartait une possible collusion. Il reste que l’industrie se transforme et les paramètres d’octroi des contrats ne sont peut-être plus adaptés à l’environnement de 2020.

«D’abord, la réalité à laquelle on fait face est une augmentation des coûts couplés par des enjeux de main-d’œuvre soulignés par les entrepreneurs», confirme le conseiller Jérémie Ernould, responsable du déneigement. 

Un sondage informé mené auprès d’eux fait surgir plusieurs problèmes. Parmi eux : la clause d’ajustement des précipitations, la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée, la durée des contrats de trois à cinq ans, qui empêchent un meilleur ajustement des coûts, et enfin l’allongement des distances de transport de neige.

Moins de soumissionnaires

La Ville doit également tenir compte de la baisse du nombre d’entrepreneurs. Le nombre de soumissionnaires a chuté de 50 % depuis trois ans. Ils étaient 20 en 2016, puis 16 en 2017, alors qu’il y en avait seulement neuf en 2019.

La Ville effectue 54 % du déneigement en régie. Depuis deux ans, elle dépasse son budget de 10 millions $. Il a atteint en 2017 53,8 millions $ plutôt que les 43,7 millions $ prévus et a culminé à 55,4 millions $ en 2018 alors que la prévision était de 45,6 millions $. Elle octroie ses contrats à risques partagés basés sur des précipitations saisonnières de 295 centimètres. «Est-ce que c’est la meilleure méthode d’attribution? Est-ce qu’on doit la modifier? On verra», lance M. Ernould.

«L’étude devra aussi vérifier les tendances du marché en comparaison avec ce qui se passe dans d’autres villes, poursuit le conseiller. Il y aura des rencontres avec des fournisseurs de services ailleurs qu’à Québec. Est-ce qu’il y a de nouvelles pratiques de déneigement à instaurer, des innovations technologiques? C’est le genre de questions auxquelles on souhaite des réponses.» Les constats préliminaires devraient être connus au printemps.