Le criminaliste Jean-Marc Fradette croit que les nouvelles règles concernant l’éthylomètre seront bien reçues par l’ensemble de la population.

L’éthylomètre à vie pour les récidivistes de l’alcool au volant

Dès lundi, les récidivistes de l’alcool au volant se verront imposer un éthylomètre antidémarrage à vie. Ce nouveau règlement découle de changements apportés au Code de la sécurité routière en 2018.

Auparavant, l’obligation d’installer un éthylomètre dans le véhicule dépendait du taux d’alcoolémie enregistré ou du nombre de récidives. Les conducteurs pris avec plus du double du taux d’alcool permis ou refusant d’obtempérer se voyaient imposer l’éthylomètre pendant trois ans.

Joint vendredi, le criminaliste Jean-Marc Fradette est d’avis que cette mesure s’inscrit en continuité avec les actions posées par le gouvernement depuis plus d’une dizaine d’années. « Chaque année, depuis 10 ans, les mesures sont rendues plus sévères. Tranquillement, on amène les gens à comprendre que l’alcool au volant est dangereux. »

Parmi les mesures prises, Me Fradette dénote la fiabilité des éthylomètres, la crédibilité qui leur est accordée, la politique de tolérance zéro chez les conducteurs de 22 ans et moins, ainsi que la médiatisation entourant des causes comme celles d’Yves Martin, reconnu coupable en 2016 de conduite avec les facultés affaiblies et de conduite dangereuse causant la mort. « C’est certain qu’il y a une prise de conscience», dit Jean-Marc Fradette. Il estime que l’ensemble des mesures contribue à la diminution des cas d’alcool au volant recensés, mais croit qu’il est difficile d’attribuer les statistiques à une mesure en particulier, comme le nouveau règlement concernant l’éthylomètre. « C’est un des éléments qui, au bout de la ligne, mène à une conscientisation. »

Quant au règlement lui-même, Me Fradette le juge trop sévère. « Il y a des crimes plus importants que les facultés affaiblies qui n’ont pas ces conséquences. Si quelqu’un est un récidiviste de voies de fait, est-ce que la punition sera à vie ? Cinq à dix ans auraient été largement suffisants », avance-t-il.

Même si les conducteurs en faute pourront faire une demande de retrait de l’éthylomètre après dix ans, Me Fradette pense que les démarches décourageront plusieurs conducteurs, en plus d’engorger le système judiciaire.

Tolérance zéro pour tous

Le juriste prévoit, d’ici cinq à dix ans, une politique de tolérance zéro en ce qui a trait à l’alcool au volant. « Il y a clairement un objectif, qui est d’amener la tolérance zéro d’ici quelques années. À mon avis, le prochain règlement sera le taux d’alcoolémie à 0,05. Ce ne sera pas criminalisé, mais ce sera inscrit au Code de la sécurité routière. Ensuite, on passera de 0,05 à 0. »

Selon Jean-Marc Fradette, l’opinion publique sera favorable à l’adoption de telles politiques. « On est tous d’accord pour dire que l’alcool au volant ça ne devrait pas exister. »