La décision de déplacer la direction des services de santé mentale au-dessous du sous-ministre adjoint rend «perplexe» la députée libérale Hélène David, pour qui ce changement de statut envoie un «drôle de message».

Les services de santé mentale au cœur d'un remue-ménage au ministère de la Santé

Le gouvernement Legault a procédé au regroupement de certaines directions générales du ministère de la Santé. Celle des services de santé mentale et de psychiatrie légale a été «descendue» dans l’organigramme et relèvera désormais de la sous-ministre adjointe aux services sociaux, a appris Le Soleil. Une décision qui rend «perplexe» la libérale Hélène David, pour qui ce changement de statut envoie un «drôle de message».

En entrevue au Soleil, la députée de Marguerite-Bourgeois a rappelé que la direction des services de santé mentale et de psychiatrie légale avait été «remontée» dans l’organigramme du ministère sous le règne de Gaétan Barrette «afin de donner à la santé mentale toute son importance». 

«C’était extrêmement important comme message. En remontant cette direction au niveau des sous-ministres adjoints, la personne [le directeur des services de santé mentale] parle directement au sous-ministre, a accès à la priorisation de ses dossiers par le ministre. En la mettant en dessous d’un sous-ministre adjoint, la personne n’a pas accès directement au cabinet, elle doit passer par le sous-ministre adjoint», explique celle qui a déjà été sous-ministre adjointe à l’enseignement supérieur avant d’être ministre et qui «connaît bien» les rouages de ces relations hiérarchiques.

«C’est décevant. Je pense que tout le monde est d’accord pour donner un rôle important à la santé mentale. Je ne comprends pas qu’on remette cette direction en dessous d’un sous-ministre adjoint. […] C’est un message qui m‘inquiète, surtout avec la demande qu’on a fait de tenir une sorte de commission ou d’états généraux sur la santé mentale. D’un côté, la ministre [de la Santé, Danielle McCann] dit qu’elle est très préoccupée, très ouverte à discuter de tout ça et, de l’autre, elle aura moins accès à la personne qui s’occupe de santé mentale», souligne Hélène David, pour qui il est clair que cette décision «diminue la visibilité» de la direction des services de santé mentale. 

«Complémentarité accrue» visée

Au ministère de la Santé, on assure que «le fait qu’une direction générale soit regroupée avec une autre ne signifie en rien qu’elle perd de son importance». Selon la porte-parole Noémie Vanheuverzwijn, «l’objectif poursuivi est que ces dossiers névralgiques soient dirigés avec une complémentarité accrue». 

Ces changements sont apportés «afin d’être en phase avec l’évolution du réseau au cours des dernières années ainsi qu’avec les nouvelles orientations gouvernementales et ministérielles», mentionne encore la porte-parole, ajoutant que «les différentes responsabilités sont conservées, mais seront regroupées sous une structure de gouvernance différente qui favorisera une meilleure agilité au sein des directions générales».

Mme Vanheuverzwijn souligne du reste que «des changements organisationnels ne sont pas exceptionnels dans un ministère de l’ampleur de celui de la Santé et des Services sociaux». 

Outre la direction des services de santé mentale, celle de cancérologie est aussi descendue dans l’organigramme. Elle relèvera désormais de la sous-ministre adjointe aux services hospitaliers, de la médecine spécialisée et universitaire.