Le montant annuel octroyé en primes chez Hydro-Québec demeure toutefois largement inférieur par rapport à celui de 38,7 millions $ versé en 2015.

Les primes bondissent de 13 % chez Hydro-Québec

MONTRÉAL — Pour une deuxième année consécutive, le montant des primes versées aux salariés ainsi qu’aux cadres d’Hydro-Québec a grimpé, atteignant 29,3 millions $ en 2018, ce qui constitue un bond d’environ 13 %.

En fournissant ces données, la société d’État a expliqué que cette somme est attribuable à un dépassement des «objectifs corporatifs» l’an dernier. Les versements s’effectueront à compter du 25 avril.

Afin de donner le feu vert aux primes, Hydro-Québec devait générer en 2018 un bénéfice de 2,475 milliards $, une somme qualifiée de «déclencheur financier», qui était moins élevée par rapport à l’objectif de l’année précédente.

Grâce à un gain comptable de 277 millions $ attribuable à la cession d’une participation majoritaire dans TM4, une filiale spécialisée dans la construction de moteurs électriques, la société d’État a vu son bénéfice net croître de 12 %, à 3,19 milliards $.

En excluant cet élément non récurrent, la hausse des profits aurait été plus modeste, soit de 2,4 %, à 2,9 milliards $.

Un porte-parole d’Hydro-Québec, Louis-Olivier Batty, a défendu l’utilisation du bénéfice de 3,19 milliards $ pour calculer les primes, citant un mandat visant à faire croître les profits de la société d’État.

«La vente de 55 % de la participation dans TM4 s’inscrit dans cette logique où nous avons 45 % d’une entreprise qui va être profitable au lieu d’avoir 100 % d’une filiale qui fonctionne bien, mais qui semble avoir atteint certaines limites», a-t-il expliqué au cours d’un entretien téléphonique.

Parmi les autres objectifs atteints, M. Batty notamment évoqué une quatrième hausse tarifaire consécutive qui a été inférieure à l’inflation.

Ce sont les quelque 1500 cadres d’Hydro-Québec qui ont touché la part du lion des primes versées en 2018, puisqu’ils se sont partagé quelque 11,4 millions $ au terme du dernier exercice financier, indiquent les chiffres fournis.

Du côté des cadres de la direction et des hauts dirigeants, la rémunération incitative a été de 6,9 millions $. Cette catégorie comprend les cinq plus hauts dirigeants d’Hydro-Québec, dont son président-directeur général Éric Martel, qui a reçu une prime de 257 538 $.

Pour ce dernier, cette somme est venue s’ajouter à un salaire de base de 559 886 $. M. Martel a également reçu 18 120 $ pour d’autres avantages.

Une poignée d’employés — notamment ceux qui oeuvrent sur le parquet de transactions et d’autres qui occupent des postes financiers comme à la gestion de la caisse de retraite — ont également eu droit à des «primes d’attraction et de rétention» totalisant environ 2,1 millions $.

Chez Hydro-Québec, les primes au rendement versées au personnel et aux cadres oscillent autour de 3 % de leur salaire de base et peuvent atteindre 50 % dans le cas du président-directeur général.

Selon M. Batty, il n’est pas «anormal» de voir progresser de la sorte la somme octroyée en rémunération incitative, puisque 2018 a été «une très bonne année financière» et que les primes constituaient un moyen d’attirer les «meilleurs talents».

«Les gens affirment que nous sommes un monopole, mais en matière de ressources humaines, nous sommes en concurrence avec plein d’autres entreprises, a dit M. Batty. C’est certain qu’il faut offrir le même type de conditions que l’on va retrouver ailleurs.»

Le montant annuel octroyé en primes chez Hydro-Québec demeure toutefois largement inférieur par rapport à celui de 38,7 millions $ versé en 2015.

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Ventilation des primes versées:

  • Cadres: 11,4 millions $
  • Cadres de direction et hauts dirigeants: 6,9 millions $.
  • Personnel professionnel et non régi: 6,5 millions $.
  • Personnel régi par des conventions collectives: 2,4 millions $.
  • Primes d’attraction et de rétention: 2,1 millions $.