Ce skieur de la Burke Mountain Academy a profité du soleil de jeudi pour se mettre à l’aise dans les pentes du Mont-Édouard.

Les pentes enneigées attirent des Américains au Mont-Édouard

« Ils l’ont-tu l’affaire, les Américains ! », disait Elvis Gratton. Sauf que cette semaine, ces Américains disent plutôt : « Ils l’ont-tu l’affaire, les Anjeannois ! » Depuis le début de la semaine, l’équipe de compétition de ski alpin de la réputée Burke Mountain Academy, basée au Vermont, profite des pentes enneigées et de la piste homologuée par la Fédération internationale de ski de la station de ski du Mont-Édouard pour parfaire son art.

La délégation de 64 skieurs et entraîneurs est arrivée en début de semaine, par voie terrestre, pour prolonger la saison sur piste, ce qu’il n’est plus possible de faire au Vermont. « Les gens pratiquent surtout leur coup roulé au golf par chez nous », a lancé l’entraîneur en chef du volet masculin à Burke Mountain, Jean-Pierre Daigneault, joint par téléphone mercredi soir.

Ce dernier a été entraîneur-chef de l’équipe masculine du Québec de 2010 à 2012, avant d’occuper un poste similaire en Colombie-Britannique entre 2012 et 2014. Originaire de la région d’Owl’s Head en Estrie, il a ensuite traversé au sud de la frontière, à environ une heure de route de la maison, pour joindre l’académie américaine.

Pour les férus de ski alpin, la Burke Mountain Academy est celle qui a élevé Mikaela Shiffrin, native du Colorado, double championne olympique et quintuple championne du monde. Et dire qu’elle a seulement 24 ans !

La montagne a fait l’objet d’un étoffé reportage dans La Presse+, en février. On apprenait entre autres que l’académie célébrait son 50e anniversaire en 2020, fournissant au passage 130 athlètes à des équipes nationales.

La Burke Mountain Academy a développé plusieurs skieurs de qualité au fil des ans.

« Si on veut concurrencer les programmes qui ont accès aux glaciers ou aux plus grandes montagnes, pour qui ça fait partie de leurs plans d’aller sur la neige en mai et en juin, il faut le faire aussi, a partagé Jean-Pierre Daigneault, pour expliquer la présence de ses protégés au Mont-Édouard. Si tu le fais juste une fois, c’est sûr que ça ne fait pas de tort, mais lorsque tu répètes l’expérience année après année et que tu as 20 ou 25 jours de ski de plus dans le corps, ça paraît. Des endroits comme le Mont-Édouard vont nous aider à amener notre programme à un autre niveau. »

La Burke Mountain Academy a déjà confirmé qu’elle allait répéter l’expérience du Mont-Édouard l’an prochain.

Confirmé pour l’an prochain

Les skieurs américains ont fait sept heures de route pour se rendre à L’Anse-Saint-Jean, ce qui est bien peu pour un groupe habitué aux voyages en avion.

« On skiait en mai avant, en se rendant dans la Sierra Nevada en Californie ou dans les montagnes du Colorado, mais il fallait prendre l’avion, et c’était super dispendieux, a fait remarquer Jean-Pierre Daigneault. Quand on peut trouver une meilleure façon de faire, on attaque. C’était un essai cette année, mais lorsque je vais passer à la caisse pour payer notre stage, je vais tout de suite faire la réservation pour l’an prochain. »


«  On est super fiers de dire qu’on ne s’est jamais senti autant les bienvenus qu’on se sent ici.  »
Jean-Pierre Daigneault

Si cette volonté de répéter l’expérience en 2020 est si vive, c’est notamment en raison de la qualité de l’accueil offert par l’organisation du Mont-Édouard et des gens du secteur. « Ça nous prend un endroit où les gens sont non seulement prêts à nous accueillir, mais qui sont également contents de le faire, a affirmé l’entraîneur de ski alpin. On est super fiers de dire qu’on ne s’est jamais senti autant les bienvenus qu’on se sent ici. C’est simple, le directeur général [de la station, Claude Boudreault] vient manger avec nous, et on parle sur ce qu’on pourrait faire de mieux ou de différent. Tout le monde se donne des tapes dans le dos et s’encourage. C’est facile et il y a une belle ambiance. »

La Burke Mountain Academy a déjà confirmé qu’elle allait répéter l’expérience du Mont-Édouard l’an prochain.

D’ici la fin du camp d’entraînement, les athlètes de la Burke Mountain Academy vont poursuivre leur travail en vue de la prochaine compétition, prévue seulement pour le mois de décembre. « On a l’occasion de relaxer et de se concentrer sur la base du ski alpin, a expliqué Jean-Pierre Daigneault. On reconnecte le cerveau aux pieds et on fait des mouvements très réfléchis. Ce qu’on va être capables de reproduire en compétition, on va l’avoir fait en misant sur la base, maintenant, au mois de mai. »