La motion du député Sylvain Gaudreault a été déposée après que le Collège des médecins eut annoncé que les IPS pourront diagnostiquer les problèmes de santé courants et les six maladies chroniques pour lesquelles elles initiaient déjà des traitements (diabète, hypertension, hypercholestérolémie, asthme, maladie pulmonaire obstructive chronique et hyperthyroïdie).

Les médecins ne seront plus rémunérés pour surveiller les IPS

Le Parti québécois a fait adopter unanimement à l’Assemblée nationale une motion demandant au gouvernement «de mettre fin dans les meilleurs délais possibles à la rémunération des médecins liée à la surveillance générale des activités médicales des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en soins de première ligne». La ministre de la Santé, Danielle McCann, promet d’y donner suite.

La motion du député Sylvain Gaudreault a été déposée après que le Collège des médecins eut annoncé que les IPS pourront diagnostiquer les problèmes de santé courants et les six maladies chroniques pour lesquelles elles initiaient déjà des traitements (diabète, hypertension, hypercholestérolémie, asthme, maladie pulmonaire obstructive chronique et hypothyroïdie). Le Collège a aussi précisé lundi que le délai de 30 jours pour qu’un patient voit le médecin afin de confirmer le diagnostic était aboli «dès maintenant». 

Après le dépôt de sa motion, le député Gaudreault a dit sur Twitter espérer que la disparition des forfaits versés aux médecins de famille pour la surveillance générale des IPS se fasse «rapidement». 

7 millions $ en 2017

Un groupe de médecine familiale reçoit 30 000 $ pour superviser une IPS (un autre 30 000 $ lui est versé pour l’utilisation du bureau, de matériel et de personnel par l’IPS). En 2017, les médecins de famille se sont partagé 7 millions $ pour cette surveillance générale, dénonçait la CAQ l’an dernier. Selon la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, cette rémunération est prévue pour discuter de cas de patients, dans un contexte de collaboration interprofessionnelle.

Au bout du fil, l’attaché de presse de la ministre McCann, Alexandre Lahaie, a confirmé que les médecins de famille ne toucheront plus cette rémunération, «qui n’est plus justifiée avec les changements qui ont été annoncés au cours des derniers jours». «Ça peut prendre quelques mois, mais cette rémunération-là va être abolie dans les meilleurs délais possibles», a-t-il dit. 

Dans un communiqué de presse diffusé mardi après-midi, l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) a tenu à préciser que l’ouverture du diagnostic aux IPS devait d’abord fait l’objet d’une modification au Règlement sur les infirmières praticiennes spécialisées, ce qui peut prendre quelques mois. «D’ici à ce que le Règlement […] soit modifié, les IPS ne sont pas autorisées pour le moment à poser un diagnostic», a souligné l’Ordre. 

Quant au délai de 30 jours dont disposait le médecin pour établir le diagnostic à l’égard d’une des six maladies chroniques visées par le Règlement, il est bel et bien aboli dès maintenant, mais «l’IPS doit néanmoins s’assurer d’échanger avec son médecin partenaire sur le niveau de priorité en ce qui a trait à la pose du diagnostic», précise l’OIIQ.