Desjardins «a voulu mieux comprendre l’intérêt des jeunes envers les régions, ce qui pourrait être un frein. Et, à notre grande surprise, on voit qu’il n’y a pas de frein, au contraire. Les jeunes ont beaucoup d’intérêt», s’est réjoui Guy Cormier, président et chef de la direction du mouvement.

Les jeunes ont le béguin pour les régions, selon un sondage

Une majorité de jeunes Québécois croit que la qualité de vie est meilleure dans les régions que dans les grands centres et qu'il est possible d'y obtenir d'aussi bons emplois.

Un sondage Som, réalisé pour la Fédération des caisses Desjardins du Québec auprès de jeunes de 18 à 35 ans, laisse ainsi voir que les jeunes voient plutôt d'un bon oeil l'emploi dans les régions.

Au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, lundi, Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, a expliqué qu'il a voulu vérifier la véracité de l'affirmation qu'il entend parfois selon laquelle les jeunes seraient réticents à vivre en région.

Desjardins, qui est fortement implanté dans les régions et qui dessert 350 000 entreprises, «a voulu mieux comprendre l'intérêt des jeunes envers les régions, ce qui pourrait être un frein. Et, à notre grande surprise, on voit qu'il n'y a pas de frein, au contraire. Les jeunes ont beaucoup d'intérêt», s'est réjoui M. Cormier.

Plus précisément, 58 pour cent des jeunes de 18 à 35 ans qui ont été interrogés croient que la qualité de vie est meilleure dans les régions que dans les grands centres. La proportion est toutefois moindre à Montréal et à Québec, où les gens sont plus nombreux à préférer les grands centres.

Aussi, les emplois en région sont jugés de qualité comparable aux emplois dans les grands centres. Ce sont ainsi 68 pour cent des jeunes Québécois qui croient qu'il est possible d'obtenir d'aussi bons emplois en région que dans les grands centres.

M. Cormier n'est pas surpris de tels pourcentages. «L'un des préjugés ou des biais qu'il m'arrivait de lire ou d'entendre, c'est que les jeunes n'en avaient que pour les grands centres, les grandes villes, voire que c'est une tendance internationale, l'urbanisation. Mais quand on commence à forer ça plus en détail, depuis les deux à trois dernières années on commence à voir aussi des jeunes, ou même des moins jeunes, qui voient aussi l'envers de la médaille de vivre dans les grands centres: la congestion routière, la pollution, le bruit», rapporte-t-il.

Non francophones

Fait intéressant: les personnes dont la langue maternelle n'est pas le français sont plus nombreuses à préférer les grands centres aux régions. Et les personnes dont la langue maternelle n'est pas le français sont aussi plus sceptiques quant à la qualité des emplois en région. Elles sont 40 pour cent à douter contre 27 pour cent chez les francophones.

«C'est clair que la dynamique du travail en région se fait en français. Même dans certaines régions, vous avez plusieurs entreprises qui exportent à l'international, font affaires sur le marché américain, dans l'Ouest canadien, en Ontario, donc la connaissance d'une seconde langue est aussi un atout. Mais c'est clair que ce n'est pas aussi significatif que si les jeunes travaillent dans une entreprise à Montréal, par exemple», affirme M. Cormier.

Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1031 jeunes adultes québécois, du 4 au 10 février.

Résultats d’un sondage sur la perception de la qualité des emplois en région