La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO), Lyne Plante

Les infirmières de l'Outaouais déposent 2800 CV en Ontario

Quelques dizaines de professionnelles en soins de l’Outaouais ont traversé le pont Alexandra, mardi, pour aller déposer de manière symbolique quelque 2800 curriculum vitae à Ottawa afin d’avertir leur employeur qu’un «exode» vers l’Ontario est à craindre si leurs conditions de travail «exécrables» ne s’améliorent pas.

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Nancy Bédard, était à Gatineau pour l’occasion afin de soutenir ses membres oeuvrant au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) dans la négociation locale en cours.

Tout en dénonçant que le président-directeur général du CISSSO, Jean Hébert, ait refusé de la rencontrer, Mme Bédard a souligné que de tous les centres de santé de la province, il n’y en a que deux où aucune entente locale n’a été conclue. Un dossier pourrait se régler dès cette semaine, de sorte qu’il ne resterait que le CISSSO sans entente. «On est à des années-lumière de s’entendre», affirme-t-elle.

Au CISSSO, on précise que dans la majorité des cas ailleurs en province, la date butoir pour en arriver à une entente était fixée au 30 septembre, ce qui n’est pas le cas dans la région, où la limite a été établie au 21 octobre.

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO), Lyne Plante, dénonce pour sa part que l’employeur souhaite imposer davantage de «flexibilité» et de «mobilité» aux membres, tout en remettant en question la fin de semaine sur deux de congé qui leur est actuellement accordée.

Mme Plante soutient que le déplacement à outrance des infirmières ferait perdre «l’expertise» qu’elles ont développée au fil des ans dans leur domaine de spécialisation respectif.

«Le mépris dont fait preuve notre employeur est difficilement qualifiable, a lancé Mme Plante. Ce sont des conditions de travail exécrables, on recule pratiquement dans les années 1940.»

La présidente du SPSO affirme qu’une hausse des départs a été observée ces derniers temps, non seulement vers l’Ontario, mais aussi pour des réorientations de carrière.

Lyne Plante estime notamment que le CISSSO devrait puiser dans l’enveloppe du statut particulier du réseau de la santé de la région pour mettre en place davantage de mesures favorisant de meilleures conditions de travail pour les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes. «Ça pourrait être des projets spéciaux comme du mentorat ou du préceptorat», a-t-elle indiqué.

Du côté du CISSSO, on refuse de négocier sur la place publique. L’organisation a tout de même rendu public le contenu d’un courriel envoyé au syndicat par son grand patron. M. Hébert y souligne avoir déjà rencontré la présidente de la FIQ en mai dernier, et note que cette dernière approuvait le besoin de faire des concessions de part et d’autre pour «avoir une entente négociée».

Jean Hébert ajoutait qu’un dépôt patronal serait fait cette semaine à la table locale de négociations. «Jusqu’à présent, les échanges à cette table sont constructifs et plusieurs dates sont prévues pour les négociations, a-t-il écrit. Je pense que nous devons laisser nos porte-paroles réciproques faire leur travail en vue d’avoir une entente négociée d’ici la date limite du 21 octobre 2018.»