Les élèves de l'école secondaire du Versant ont décidé de mettre l'épaule à la roue et de venir en aide, à leur manière, aux sinistrés des inondations.

Les étudiants en renfort

CHRONIQUE / « Je voudrais m’excuser pour toutes les inondations qui se passent ici, a lancé Zachary. C’est à cause de nous, les changements climatiques. Et c’est à cause des changements climatiques que tout ça se passe. Il faudrait tous s’excuser ensemble et recommencer. Recommencer de façon à ce que cela ne se reproduise plus. Plus jamais », a-t-il ajouté.

Des excuses collectives à la Terre, propose-t-il. Ce n’est pas bête. Pas bête du tout. Ce serait un début, à bien y penser.

Zachary Brûlé a 15 ans et il est étudiant dans le programme santé — plein air de l’école secondaire du Versant, à Gatineau. Lui et ses 27 collègues de classe ont passé la journée de mercredi à remplir des sacs de sable à l’angle des rues Saint-André et Saint-Paul dans le Vieux-Gatineau.

Ils étaient censés aller faire de l’escalade dans le parc de la Gatineau, mercredi. Mais plutôt que de s’attaquer à une montagne de roc, ils ont décidé de s’attaquer à une montagne de sable.

« L’escalade a été annulée à cause de la météo, a dit l’enseignant du programme santé - plein air, Frédéric Yvon. Nous allions plutôt faire de la randonnée pédestre dans le parc de la Gatineau. Mais des élèves sont venus me voir ce matin (hier) et ils m’ont proposé de venir ici remplir des sacs de sable plutôt que d’aller dans le parc. Ils voulaient aider les sinistrés. Nous en avons parlé à la direction de l’école et celle-ci a immédiatement accepté. Les élèves ont eu une excellente idée. C’est une belle initiative de leur part. ».

L’idée est venue de Chloé Rouleau, 15 ans. « Je trouve que les gens (les sinistrés) font pitié, a-t-elle dit. Et ce matin, en me rendant à l’école, je me suis dit qu’on devrait venir les aider plutôt que d’aller s’amuser dans le parc. Ces gens ont besoin d’aide. Et on veut être là pour eux. »

« On est ici pour aider notre communauté, a enchaîné sa collègue de classe, Shani-Li Madore. On regarde tout ça (les inondations) dans les journaux et à la télé et on se dit que c’est triste pour les gens touchés. Sauf qu’on ne prend jamais les actions pour les aider. Alors on trouvait ça important aujourd’hui de passer à l’action et de venir les aider. »

« Attention la gang ! Le repas est prêt si vous voulez me suivre !! »

Christine Danis a préparé le lunch pour ces 28 élèves et deux enseignants de l’école du Versant. Mme Danis est propriétaire de la salle de quilles Danis qui se trouve à deux pas de là. Et hier, lorsqu’elle a aperçu ce groupe d’étudiants venu donner un coup de main dans son quartier, elle a décidé de leur offrir des hot-dogs, des croustilles, des jus et des boissons gazeuses dans la chaleur de sa salle de quilles.

« Je suis née et j’ai grandi dans ce quartier-ci, dit-elle. Cette salle de quilles est la propriété de ma famille depuis 59 ans. J’ai beaucoup de clients qui sont sinistrés et je trouve ça tellement triste. Je cherchais un moyen d’aider ces gens, de leur apporter des repas chauds. Mais je ne sais pas comment. Je ne peux pas me rendre chez les gens qui sont restés dans leur maison inondée, je n’ai pas de bateau. Et je suis passée au centre d’aide aux sinistrés, tout près d’ici, mais on m’a dit qu’on ne pouvait pas accepter des repas préparés. Alors j’ai décidé de nourrir ceux qui aident. J’aide ceux qui aident, c’est ma contribution.

«Je trouve que c’est un beau geste que ces étudiants posent aujourd’hui, a ajouté Mme Danis. Alors je les invite chez moi, dans ma salle de quilles qui est fermée depuis hier pour l’été. J’ai acheté des saucisses et des pains et je vais les nourrir. Ils pourront en profiter pour se réchauffer un peu le temps du lunch. Ça va leur faire du bien. Je les trouve tellement fins d’être ici aujourd’hui.»

Et ainsi va la vie dans le Vieux-Gatineau depuis la crue des eaux. C’est du «donnez au suivant» au quotidien.

Et peut-être aussi une façon de s’excuser, j’imagine…

La conseillère Audrey Bureau a reçu un beau cadeau des industries CAMA afin qu’elle puisse continuer son travail auprès des sinistrés des inondations du secteur Aylmer dans un confort relatif.

Le bureau bleu d'Audrey

Dans ma chronique de mercredi, je vous ai parlé de la conseillère municipale du district d’Aylmer, Audrey Bureau, qui depuis deux semaines utilise un bac bleu de recyclage comme bureau alors qu’elle coordonne l’aide aux sinistrés de son secteur à partir du terrain de stationnement de l’aréna Frank-Robinson.

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Or, hier matin, la compagnie Industries Cama a gracieusement livré à Mme Bureau un bureau portatif, c’est-à-dire une espèce de container dans laquelle on a aménagé un bureau, une cafétéria et un centre de premiers soins.

En prime, la structure est bleue. Question de ne pas trop déboussoler la conseillère Bureau, je présume…