Les corps des deux personnes retrouvées dans un véhicule incendié sur le chemin Bradley ont été mutilés.

Les deux corps dans l’auto ont été mutilés

TROIS-RIVIÈRES — L’enquête progresse concernant le triple meurtre qui a jeté Trois-Rivières dans la stupeur. Et plus l’enquête progresse, plus cette affaire s’annonce sordide. Le Nouvelliste a appris que les présumés meurtriers ont tout fait pour effacer les preuves. Ils seraient même allés jusqu’à mutiler les corps des deux personnes retrouvées dans le VUS complètement détruit par les flammes, près du chemin Bradley, dans le secteur Sainte-Marthe.

D’ailleurs, selon ce que Le Nouvelliste a pu apprendre d’une source proche de l’enquête, les deux individus étaient déjà morts lorsque le véhicule a été incendié.

Selon cette source, les policiers ont été très chanceux qu’une des deux jeunes femmes entraînées présumément par René Kègle et Francis Martel dans cette nuit d’enfer ait réussi à s’échapper parce que l’enquête aurait été extrêmement difficile. Rappelons que Ophélie Martin-Cyr a été trouvée morte, le mercredi 10 octobre, dans un champ à Yamachiche. Elle a été tuée par arme à feu. Quant à Steve Lamy, un entrepreneur en construction, son père l’a vu pour la dernière fois le lundi 8 octobre

La Sûreté du Québec a d’ailleurs officiellement demandé, mardi, l’aide du public pour retrouver le Trifluvien. Toute personne qui l’apercevrait est priée de communiquer avec le 911. De plus, toute information pouvant permettre de le retrouver peut être communiquée, confidentiellement, à la Centrale de l’information criminelle de la Sûreté du Québec au 1 800 659-4264.

L’identité de Steve Lamy devrait être confirmée dans les prochains jours grâce à son ADN. Pour ce qui est de l’autre individu, les policiers ont une bonne idée de qui il s’agit. Son identification sera toutefois plus longue.

Par ailleurs, la police de Trois-Rivières et la Sûreté du Québec ne sont toujours pas en mesure de dire si une personne pouvant être la deuxième victime de ce brasier criminel a récemment fait l’objet d’un signalement de disparition, et ce, même si plusieurs rumeurs circulent présentement sur les réseaux sociaux.

De plus, le véhicule incendié a été retiré de la scène de crime dimanche alors que l’enquête se déroulait à cet endroit depuis mercredi matin. Une experte de l’Ontario a également été dépêchée sur les lieux pour prêter main-forte aux policiers, spécialement dans l’identification des corps.

Pour sa part, le professeur en science médico-légale à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Frank Crispino, considère que les informations que collectent les policiers dans le cadre de l’enquête permettront d’accélérer le processus d’identification des victimes. Comme les deux corps retrouvés dans la voiture semblent avoir été considérablement brûlés, leur identification par des moyens de médecine médico-légale est plus difficile que s’ils avaient été intacts.

«Dans une population ouverte, ça peut-être n’importe qui. Ce n’est pas comme par exemple dans un avion de ligne alors que l’on peut avoir la liste complète des passagers. [...] Comme les policiers semblent avoir très peu d’informations [sur les corps retrouvés brûlés], ça passera sûrement par une identification physique par les dents, d’où l’importance de l’enquête afin de réduire la population ‘‘suspectable’’», explique le spécialiste en criminalistique.

Kègle n’a pas été battu en prison

Par ailleurs, le ministère de la Sécurité publique dément les rumeurs persistantes ainsi que des informations rapportées par certains médias indiquant que René Kègle avait été sévèrement battu en prison et que son état avait nécessité un transport à l’hôpital.

René Kègle n’a pas été battu en prison.

Selon la directrice des services professionnels correctionnels pour la Mauricie et le Centre-du-Québec, Nancy Corriveau, l’homme de 38 ans qui a été arrêté la semaine dernière après la découverte du corps de la jeune femme de 19 ans n’a subi aucune agression depuis son arrivée en prison, tout comme son présumé complice.

«Il n’y a aucune personne incarcérée relativement à l’homicide d’Ophélie Martin-Cyr qui a fait l’objet d’une agression physique ou d’une hospitalisation», mentionne Mme Corriveau.

Sans confirmer que les deux accusés font l’objet d’une attention spéciale depuis le début de leur incarcération, Mme Corriveau soutient néanmoins qu’il existe un processus de classement dans les établissements de détention québécois. Dans le cadre de ce dernier, les autorités carcérales évaluent les besoins du détenu en tenant compte notamment de sa santé physique, de la nature de ses délits ou de tout autre besoin particulier.

«On applique des mesures de sécurité qui sont vraiment en fonction des différentes situations et des risques inhérents. [...] Parfois, la nature des délits demande un secteur de vie différent qui peut être à l’écart des autres détenus», précise-t-elle avant d’ajouter qu’elle n’est également pas en mesure de révéler l’état de santé dans lequel se trouvent présentement les deux prévenus.

Rappelons que René Kègle et Francis Martel ont tous deux été arrêtés dans la nuit de jeudi à vendredi, puis accusés vendredi après-midi du meurtre prémédité d’Ophélie Martin-Cyr. Kègle est également accusé d’avoir déchargé une arme à feu en direction d’une autre personne, une jeune femme de 21 ans qui se trouvait en compagnie d’Ophélie et qui aurait sauté du véhicule dans lequel prenaient également place Kègle et Martel.

La jeune femme a été soignée à l’hôpital, et on ne craindrait plus pour sa vie.