Les chefs héréditaires des Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, ont réitéré samedi leurs demandes de voir la Gendarmerie royale du Canada quitter leur territoire ancestral et de stopper le chantier de construction du gazoduc Coastal GasLink.

Les chefs héréditaires des Wet’suwet’en réitèrent leurs demandes à Kahnawake

KAHNAWAKE, Qc — Les chefs héréditaires des Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, ont réitéré samedi leurs demandes de voir la Gendarmerie royale du Canada quitter leur territoire ancestral et de stopper le chantier de construction du gazoduc Coastal GasLink.

Les opposants espèrent pouvoir négocier directement avec le gouvernement fédéral afin de trouver une solution à l’impasse qui cause le blocage des voies ferroviaires.

Ces représentants des Wet’suwet’en étaient de passage à Kahnawake pour la dernière étape de leur tournée des communautés mohawks du pays qui ont appuyé leur lutte contre le projet de gazoduc.

Ils ont participé à une cérémonie d’accueil qui s’est déroulée à la Longhouse de Kahnawake.

Vendredi, le premier ministre du Canada Justin Trudeau a appelé au démantèlement immédiat des barricades sur les voies ferroviaires. Il a insisté sur le fait que son gouvernement était ouvert au dialogue et toujours engagé dans le processus de réconciliation avec les chefs héréditaires des Wet’suwet’en. Ces tentatives de négociation sont cependant au point mort.

Selon le chef Woos, dont le nom est Frank Alec, la frustration augmente dans les deux camps.

«On est déjà rendu au-delà de la frustration, c’est rendu de la confusion, a-t-il commenté. M. Trudeau dit que la décision dépend de nous, mais depuis le premier jour on dit à la GRC de quitter les lieux et que l’on pourra ensuite négocier pour trouver une solution.»

Ces chefs s’opposent au projet de la Coastal GasLink de construire un gazoduc du transporterait du gaz naturel vers la côte de la Colombie-Britannique. D’autres communautés autochtones soutiennent de leur côté ce projet.

La décision de la GRC de faire exécuter une injonction obtenue par l’entreprise a soulevé l’ire des opposants au projet qui ont réagi en manifestant et en bloquant des voies ferroviaires.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, a participé à la rencontre. En mêlée de presse, il a soutenu qu’au lieu de mettre l’odieux sur le dos des leaders autochtones, le gouvernement fédéral devrait proposer des solutions.

Il a appuyé les demandes des Wet’suwet’en, soutenant que la GRC devrait quitter leur territoire. De l’avis de M. Picard, le promoteur Coastal GasLink a aussi une responsabilité et il ne comprend pas le silence de l’entreprise. Selon lui, elle devrait prendre l’initiative afin de donner une chance aux discussions de dénouer l’impasse.

La veille, les chefs s’étaient rendus sur le territoire mohawk de Tyendinaga, à l’est de Belleville, en Ontario, pour remercier leurs partisans qui bloquent une voie du Canadien National depuis plusieurs jours.

Au moins deux barrages ont été levés au Québec. Aucun n’était situé sur un territoire autochtone.