Sur les quelque 90 000 emplois créés en 2017 au Québec, 81% exigeaient un diplôme d’études supérieures, soit de niveau collégial ou universitaire.

Les cégeps multiplient les avances aux étudiants

Les collèges du Québec, particulièrement en région, sont en plein mode séduction alors que la pression économique s’intensifie pour produire davantage de diplômés.

L’initiative du cégep de Rivière-du-Loup, dont l’offre de 500 $ par session et la résidence gratuite pour neuf mois aux étudiants hors région de certains programmes a défrayé la manchette plus tôt cette semaine, n’est que la dernière en lice d’une série de démarches des collèges visant à mousser le recrutement.

L’économie québécoise est aux prises avec deux éléments de conjoncture parallèles, soit les départs massifs à la retraite des baby-boomers et une situation de plein emploi, deux phénomènes dont l’effet combiné crée une rareté de la main-d’oeuvre qui entraîne une demande inédite du marché de l’emploi.

Le recrutement intensif vise à résoudre la double conséquence de cette situation, soit augmenter le nombre de diplômés dans des secteurs où le nombre de finissants ne comble pas la demande du marché du travail et assurer le maintien de certains programmes où la demande est forte, mais dans lesquels le faible nombre d’inscrits locaux ne peut en assurer la viabilité.

Le financement des initiatives de recrutement est rendu possible en grande partie par une mesure entrée en vigueur durant l’année scolaire 2016-2017 qui vise à favoriser la mobilité interrégionale, dotée d’une enveloppe de 1,4 million $.

L’allocation cible huit des 17 régions administratives du Québec et «constitue une expérimentation d’une durée de cinq ans», selon le Régime budgétaire et financier des cégeps du ministère de l’Enseignement supérieur.

Plusieurs bourses

De plus, la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), à laquelle siège le gouvernement du Québec, des représentants des employeurs, des centrales syndicales, du milieu de l’éducation et des organismes communautaires, a créé en 2017 un programme de bourses destinées aux étudiants qui fréquenteront des programmes bien ciblés où le besoin de main-d’oeuvre est criant.

Contrairement à la mesure budgétaire précédente, celle de la Commission vise l’ensemble des régions du Québec, incluant les collèges en milieu urbain.

Quelque 2000 bourses de 1700 $ ont été accordées pour l’année scolaire 2017-2018 à des étudiants se dirigeant dans des «programmes de formation menant aux professions priorisées» par la Commission. Sur le total des bourses, 1255 sont allées à des étudiants fréquentant un programme technique collégial, les autres allant à des étudiants en formation professionnelle au niveau secondaire.

Le programme de la CPMT prévoit accorder 1000 autres bourses semblables pour l’année scolaire 2018-2019.

Fait à noter, sur les quelque 90 000 emplois créés en 2017 au Québec, 81% exigeaient un diplôme d’études supérieures, soit de niveau collégial ou universitaire. Dans plusieurs cas, au niveau collégial, les mesures d’attraction visent également les étudiants qui s’inscrivent à la formation générale en vue d’un parcours universitaire.

Allocations pour favoriser la mobilité étudiante interrégionale

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Les taux de diplomation au secondaire continuent de progresser

L’arrivée de nouveaux types de qualifications a eu un effet positif sur le taux de diplomation au Québec par cohorte au secondaire. Ce taux a progressé de façon régulière pour les dernières cohortes, indique le plus récent rapport du ministère de l’Éducation sur la question.

Le rapport Diplomation et qualification par commission scolaire au secondaire, édition 2017, précise que les taux de diplomation et qualification progressent au Québec. Le taux atteint 80,1% lorsqu’on additionne le taux de diplomation de 76% et le taux de qualification de 4,1%. 

C’est en 2007 et 2008 qu’ont été instaurés de nouveaux types de qualifications, soit le CFMS (Certificat de formation à un métier semi-spécialisé) et le CFPT (Certificat de formation préparatoire au travail). Leur instauration «a eu un effet positif sur le taux de diplomation et de qualification par cohorte au secondaire», confirme-t-on dans le rapport.

De façon générale, après sept années, la cohorte de 2008 avait un taux de diplomation et de qualification de 78,8% et celle de 2009 de 80,1%. 

Après cinq années, la cohorte de 2008 avait un taux 65,9% et celle de 2009 de 67,4%