Les policiers du Service de police de la Ville de Montréal ont découvert trois cadavres dans une résidence de la Place des Pointeliers, près de l’intersection du boulevard Saint-Jean-Baptiste, vers 8h, mercredi matin.

Les cadavres d’une femme et de deux enfants retrouvés dans une maison de l’est de Montréal

Des policiers qui se sont présentés dans une maison de l’est de Montréal mercredi matin pour annoncer la mort d’une personne à sa famille ont plutôt découvert les corps d’une femme de 42 ans et de ses deux jeunes fils, âgés de deux et quatre ans.

Les autorités se sont rendues à la résidence du quartier Pointe-aux-Trembles, vers 8h, pour informer les membres de la famille du décès du père des garçons, mort par suicide mardi à Joliette.

C’est en constatant que les occupants ne répondaient pas que les policiers ont décidé d’entrer dans la maison, où ils ont fait la macabre découverte.

Une forte présence de policiers et de véhicules d’urgence a pu être observée mercredi à l’extérieur de la résidence de la Place des Pointeliers, près de l’intersection du boulevard Saint-Jean-Baptiste.

Manuel Couture, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a déclaré que la maison était considérée comme une scène de crime. Il a qualifié les décès de «suspects», précisant que «les enquêteurs n’étaient pas prêts à parler d’homicides», mercredi après-midi.

En fin de journée, les techniciens en identité judiciaire ont procédé à l’analyse de la scène afin de recueillir le plus d’informations possible pour aider les enquêteurs à mieux comprendre les circonstances du drame.

L’unité des crimes majeurs du SPVM mène l’enquête. La police a également confirmé qu’une autopsie devait être pratiquée sur les trois corps.

«Pour l’instant, il y a des liens qui peuvent être faits avec un mort par suicide à Joliette, il s’agirait du père des enfants, et sur place, la dame de 42 ans, il s’agirait de la mère des enfants.»

Le SPVM a précisé que le père s’était enlevé la vie en se jetant de la fenêtre d’un immeuble, mardi.

Selon les registres municipaux, la maison où les trois corps ont été découverts appartient à Nabil Yssaad et Dahia Khellaf, qui ont été enregistrés en tant que propriétaires en avril 2018.

Agression armée

Des documents judiciaires impliquant deux personnes portant les mêmes noms montrent que Nabil Yssaad, 46 ans, a été accusé en août 2018 d’agression armée contre Dahia Khellaf. Il a été acquitté la semaine dernière après avoir signé un engagement de ne pas la contacter et de rester loin de son domicile et de son lieu de travail, à l’exception des visites approuvées par le tribunal.

Mercredi, deux voisins ont déclaré aux journalistes sur les lieux que ce n’était pas la première fois que les forces de l’ordre étaient appelées au domicile.

L’un d’eux, Abdelaziz Abdelhak, a mentionné qu’il avait vu des voitures de police devant la résidence «deux ou trois fois» auparavant. Il a décrit le père comme une personne peu sociable qui n’aimait pas qu’on lui pose des questions.

«C’est quelqu’un à qui vous ne pouvez pas parler. Il refuse la communication», a déclaré M. Abdelhak, qui habite à quelques portes. «Il ne dit pas bonjour, il ne veut pas que nous lui disions bonjour.»

Yann Kedja, un voisin de 19 ans, a déclaré qu’il pensait que la famille vivait à l’adresse depuis environ deux ans. Il n’a jamais rencontré le père, mais il a déjà observé les enfants jouer dehors en été.

«J’ai vu les enfants s’amuser et jouer dehors, et la mère était là pour s’amuser avec eux», a-t-il dit, qualifiant la situation «d’horrible tragédie».