Yves-François Blanchet croit en les chances du Bloc québécois lors des prochaines élections fédérales, le 21 octobre.

Les bloquistes se montrent confiants

Les membres du Bloc québécois ont bonne mine. Réunis en séminaire samedi à Upton, les bloquistes estiment que les astres sont alignés pour une « vague bleue » à l’automne prochain. Le chef Yves-François Blanchet croit en la solidité de ses assises et en les chances de sa formation de redevenir un poids lourd à Ottawa.

Les temps troubles sont derrière le Bloc québécois. C’est du moins ce qu’affirment les candidats du parti réunis en séminaire samedi matin à Upton.

« Le Bloc n’était pas brûlé au point de devoir renaître de ses cendres, tempère le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet, mais ce qu’on sent c’est qu’on a des milliers de nouveaux membres qui se joignent à nous et des gens qui reprennent leur carte. C’est un message qui permet beaucoup d’espoir, mais qui doit être reçu avec beaucoup de modestie. »

Les préparatifs sont en marche pour les bloquistes en vue du 21 octobre prochain. La journée de samedi était l’occasion pour les candidats et aspirants candidats de se connaître et d’échanger avant la campagne électorale. 

La matinée a été l’occasion pour les membres de prendre part à une discussion sur la conciliation travail-famille, animée par l’ex-première ministre Pauline Marois, tandis que l’après-midi a été occupé par une formation sur la communication sur les médias sociaux. 

Reprendre sa place

Les derniers sondages mettent le Bloc québécois en troisième position au Québec, à 15 points derrière le Parti libéral du Canada, mais dans la marge d’erreur du Parti conservateur d’Andrew Sheer. Sans se soucier des statistiques, le parti croit fermement en ses chances de redevenir un poids lourd à Ottawa. 

« Un Bloc québécois avec 25-30 députés pourrait représenter l’essentiel du pouvoir. Imaginez un gouvernement minoritaire avec la balance du pouvoir au Québec. On sera capable de poser un certain nombre de gestes importants pour le Québec parce que le gouvernement n’aura pas le choix », évoque M. Blanchet.

Pour faire basculer un maximum de circonscriptions, le Bloc souhaite rompre avec son image d’opposition au Canada pour « présenter un projet, quelque chose de souriant et de positif », avance le chef du BQ.

Sans définir les détails de la plateforme et les engagements du parti, Yves-François Blanchet estime que son parti devra défendre les décisions provinciales du Québec à Ottawa : « Nous n’avons pas à être en accord ou en désaccord avec les positions de l’Assemblée nationale. C’est le seul parlement national des Québécois et quand elle prend une décision, notre travail est d’imposer le respect de cette décision et des juridictions du Québec. »

M. Blanchet estime que le gouvernement fédéral a empiété, au cours des huit dernières années, sur les juridictions provinciales « avec des chèques ou ses gros sabots », depuis que le Bloc est moins bien représenté à Ottawa. 

Nouveaux visages

Selon le site web du parti, 31 des 78 circonscriptions québécoises ont déjà un candidat investi. Parmi celles orphelines, on compte notamment celle de Shefford. 

Plusieurs nouveaux visages se retrouveront sur les pancartes durant la campagne électorale, se réjouit le chef du parti.

« La belle surprise, c’est la présence de jeunes professionnels de 35 à 45 ans qui ont décidé de mettre leur carrière de côté pour se présenter en politique au Bloc québécois. Il y a aussi des plus jeunes et des candidats avec plus d’expérience, mais c’était un groupe [d’âge] qui était manquant jusqu’à présent. »

La circonscription de Saint-Hyacinthe-Bagot sera justement représentée par l’un de ces nouveaux visages — Simon-Pierre Savard-Tremblay — qui tentera de l’emporter face à la députée néo-démocrate- sortante Brigitte Sansoucy. Ancien président de l’aile jeunesse du Bloc, ce candidat opère un retour en politique après des études en économie.

« Sans diminuer l’importance des autres enjeux, c’est clair que l’agriculture prendra une place importante dans ma campagne », assure M. Savard-Tremblay.

Ce dernier estime que le gouvernement de Justin Trudeau a failli envers les agriculteurs québécois en signant la nouvelle entente de libre-échange avec les États-Unis. « C’est un exemple où les intérêts du Québec diffèrent de ceux du Canada », ajoute-t-il. 

Du côté de Brome-Missisquoi, une autre nouvelle venue en politique, Monique Allard, portera les couleurs du parti.

« Je veux mettre de l’avant la protection du lac Memphrémagog et suivre attentivement le dossier de l’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry aux États-Unis. Le député sortant Denis Paradis en parle, mais en quatre ans, il n’y a toujours pas de projet de loi de déposé », souligne-t-elle.