L’univers du jeu vidéo est plein de secrets et le documentaire «Jouer dur» lève le voile sur ce monde méconnu.

L’envers du décor des jeux vidéo

L’industrie du jeu vidéo a eu mauvaise presse ces derniers mois à cause des subventions dont bénéficient les studios, en raison du manque de main-d’œuvre, notamment de programmeurs. Des entreprises en technologie se sentent lésées par des avantages que l’on estime indus avec les crédits d’impôt pour la production multimédia.

Dans ce contexte, le documentaire de Jean-Simon Chartier Jouer dur, présenté à Télé-Québec et mis en onde jeudi en trois épisodes hebdomadaires, arrive à point nommé pour montrer l’envers du décor. D’ailleurs, les parlementaires de Québec avaient l’occasion de le visionner en projection privée en après-midi jeudi à l’initiative de l’Alliance numérique, qui souhaite démontrer comment cet univers est fascinant, mais aussi rempli de contraintes et de risques financiers pour les producteurs.

«C’est l’univers du génie créatif que l’on découvre dans les quatre ans de tournage qui ont mené à ce documentaire, mais aussi tout le stress et les contraintes», raconte Catherine Émond, directrice générale de l’Alliance numérique. «Peu de gens savent ce qui se passe de la naissance d’un projet jusqu’à la sortie du jeu. Le secret doit tenir du début à la fin à cause des risques financiers, des contraintes de développement. Il y a toute la pression sur les créateurs. C’est ce que l’on voit dans ce documentaire.»

Si le documentaire n’aborde pas le sujet des crédits d’impôt, il pourrait démontrer malgré tout à quel point ces crédits pour la production multimédia ont des effets secondaires pertinents à cause des jeux vidéo. On parle notamment de la «gamification», un concept dans lequel le jeu sert à des apprentissages d’attitudes sociales comme le savoir-vivre, le savoir-être, l’empathie, la collaboration jusqu’à l’influence sur la diminution du racisme et de la violence. C’est ce concept qui sert à l’UNESCO pour intervenir dans les milieux sous haute tension et que l’organisme développera lors d’un événement majeur en Inde à la mi-décembre.

Dans des articles récents, l’industrie des assurances, de l’intelligence artificielle et du commerce de détail déplorait la concurrence déloyale des studios sur la recherche de programmeur. Selon les données recueillies par Le Soleil auprès de studios majeurs, on fait remarquer que les programmeurs dans le monde du jeu, qui compte pour 35% du personnel en moyenne, n’ont pas les mêmes spécialisations que ceux qui vont œuvrer dans d’autres industries. Ils ne font pas de programmation pour le Web, les outils de recherche ou la gestion des technologies. 

Du monde des arts

Ce sera plutôt des spécialistes orientés sur les moteurs de jeux, les rendus, la gestion de la physique et la transformation des captures de mouvements dans la mécanique de jeux. De plus, la majorité des employés des studios sont issus du monde des arts, que ce soient des scénaristes, des illustrateurs, des graphistes, des spécialistes du 3D ou de la vidéo. Il y a même des historiens pour le contenu.

Les gens des studios soutiennent que les crédits pour le multimédia n’ont rien de commun avec ce que recherchent les autres secteurs qui sont plus touchés par les crédits concernant le commerce électronique.

«L’ensemble de l’écosystème du jeu vidéo au Québec a accès et a recours aux crédits d’impôt au multimédia pour les accompagner dans la création de leurs produits multimédias. L’abolition des crédits d’impôt ne réglerait en rien les besoins criants en main-d’œuvre en TI dans l’ensemble de l’économie québécoise», écrivait récemment Catherine Émond dans une lettre ouverte. Dans ce contexte, la présentation du documentaire aux parlementaires et la diffusion à la télé permettraient de lever le voile sur un monde méconnu.

Détails sur l’émission: http://www.telequebec.tv/documentaire/jouer-dur/