Bertrand Godin a assuré que les tests de détection d’intoxication à la marijuana existants sont efficaces pour déterminer si un conducteur est affecté par le cannabis.

Légalisation de la marijuana: moins de conducteurs seront intoxiqués, croit Bertrand Godin

Pour l’ex-coureur automobile Bertrand Godin, maintenant instructeur de conduite à l’École nationale de police, la légalisation de la marijuana devrait contribuer à réduire le nombre de personnes qui conduisent après avoir consommé.

«Je suis sûr que l’effet de la légalisation sera positif, qu’on va réussir à réduire le nombre de personnes qui conduisent sous l’effet du cannabis», a déclaré Godin. L’ex-coureur de Formule Atlantique et de série Indy Lights a rencontré Le Soleil en compagnie de Stéphane Maurais, directeur général d’Alco Prévention Canada, dont il est aussi porte-parole.

L’entreprise lavalloise distribue au Canada le test de détection du cannabis DrugWipe, utilisé par les policiers dans plusieurs pays du monde et testé par quelques corps policiers canadiens en prévision de la légalisation du cannabis.

«Les policiers avec qui je travaille se posent des questions au sujet de la légalisation de la marijuana, mais ce qui ressort des discussions, c’est qu’en accentuant le contrôle, le développement devrait être positif», explique le pilote de 50 ans.

Tests efficaces

Lui et Stéphane Maurais assurent que les tests de détection existants sont efficaces pour déterminer si un conducteur est affecté par le cannabis. «Les tests existent déjà et ils sont fiables. Ce test utilise un échantillon de salive pour déterminer si le conducteur a consommé du cannabis durant les six dernières heures. Il recherche la présence de THC, dont l’effet se fait sentir dans les six heures suivant la consommation», indique M. Godin en parlant du DrugWipe. 

Bertrand Godin précise cependant qu’une fois ce test échoué par l’automobiliste, il revient aux policiers formés comme agents évaluateurs de déterminer s’il avait ou non les capacités affaiblies. «C’est environ deux heures de tests pour cerner ce que le conducteur a pris et l’effet sur le métabolisme», poursuit-il. 

M. Godin est cependant conscient du manque criant d’agents évaluateurs, rapporté il y a deux semaines par la Fédération des policiers municipaux du Québec. «Oui, il manque d’agents évaluateurs et c’est pour cette raison qu’il faut en former de plus en plus», signale celui qui s’intéresse à la prévention de la conduite avec capacités affaiblies depuis qu’il a 21 ans.

«En 1988, mes parents ont perdu un couple d’amis dans un accident où les deux conducteurs étaient sous l’effet de l’alcool. J’ai vu des enfants devenir orphelins et je me suis dit qu’il y avait un message à passer», souligne-t-il.

«Pour moi, conduire, c’est sérieux. C’est pour ça que je suis devenu porte-parole d’Alco Prévention Canada il y a 14 ans. Depuis, la société a fait un bout de chemin, les médias en parlent et les gens sont plus sensibilisés à la problématique, mais il y a encore beaucoup trop de décès, de blessés graves, de drames à cause de la conduite avec facultés affaiblies», conclut-il.