Jocelyn Faucher, un ex-joueur des Remparts, a procédé mercredi à la réouverture des allées de son club de quilles Quillorama. Il veille à ce que toutes les mesures sanitaires soient appliquées.
Jocelyn Faucher, un ex-joueur des Remparts, a procédé mercredi à la réouverture des allées de son club de quilles Quillorama. Il veille à ce que toutes les mesures sanitaires soient appliquées.

L’écureuil des quilles

Propriétaire depuis 13 ans du salon de quilles Quillorama Frontenac, Jocelyn Faucher a vécu à la dure, comme beaucoup d’entrepreneurs, l’interminable épisode de confinement. L’impact a été costaud dans ses livres de comptabilité. Heureusement, l’ex-hockeyeur avait gardé en tête un conseil de sa mère, celui d’imiter les écureuils et de faire provision de noix pour les temps plus durs. «Je peux pas me plaindre, j’ai encore des noix. Je suis l’écureuil des quilles...»

Mercredi midi, M. Faucher a procédé à la réouverture officielle de son salon qui accueille bon an mal an quelque 2000 joueurs de grosses quilles. Il avait pris les derniers jours pour former son personnel aux nouvelles consignes sanitaires. «J’ai pris la semaine passée pour me roder tranquillement. C’est plus facile fermer que d’ouvrir.»

Quarante-huit joueurs de la ligue d’été se sont présentés, tous de jeunes retraités et des gens âgés. À leur grand bonheur, l’endroit a retenti à nouveau du son caractéristique de la boule tournoyant dans l’allée pour aller emboutir les quilles… ou se retrouver dans le dalot.

«Oh oui! Ç’a m’a manqué. C’est notre social», lance Linda Sirois, dont le mari est président depuis 30 ans de la ligue du Christ-Roi, baptisée en l’honneur de l’ancien hôpital du boulevard Hamel. «D’habitude on a 40 joueurs, mais là, on en a 32. Des personnes plus âgées n’ont pas voulu prendre de chances. Moi je ne porte pas de masque, mais je garde mes distances et je me lave les mains.»

Suzanne Leclerc est une autre joueuse dont le passe-temps favori a été mis sur la glace trop longtemps à son goût. Trois fois par semaine, elle n’hésite pas à faire  la route depuis Donnacona pour venir assouvir sa passion au Quillorama. Son mari, lui, vient quatre fois. «On a un salon de quilles, au bout de la rue, mais c’est pas pareil. C’est pas la même ambiance.»

Lors de la visite du <em>Soleil</em>, le couvre-visage était porté par une grande majorité de clients, 36 sur 42 participants selon le décompte d’une employée. Vu le manque d’espace, il était difficile de respecter la distanciation physique.

Lors de la visite du Soleil, le couvre-visage était porté par une grande majorité de clients, 36 sur 42 participants selon le décompte d’une employée. Vu le manque d’espace, il était difficile de respecter la distanciation physique.

«J’avais mon masque dans mon sac en arrivant. Quand j’ai vu qu’il y avait beaucoup de monde qui l’avait, je l’ai mis», mentionne Martin Lecours, un jeune retraité du ministère de l’Environnement qui avoue avoir retrouvé aux quilles «le social que j’avais à la balle-molle».

Masques commandés

Jocelyn Faucher est le premier à ne pas vouloir courir aucun risque. Les règles sanitaires usuelles s’appliquent dans l’établissement. Chaque joueur conserve sa propre boule tout au long de la partie. Elle est ensuite désinfectée. Idem pour les souliers.

Pas plus de 50 joueurs sont autorisés à jouer en même temps. Une allée est laissée libre entre chaque groupe de participants. Une pellicule de matière plastique de style est étendue sur chaque écran de pointage. Après chaque partie, un préposé remet une nouvelle pellicule. En outre, les coordonnées de tous les joueurs sont conservées. En cas de nouvelle éclosion du virus, il est alors facile de rejoindre les gens susceptibles d’avoir été contaminés.

«On suit toutes les consignes que Legault et Arruda nous donnent, explique le propriétaire. Quand ils vont dire que tout le monde porte le masque, on va en avoir pour tout le monde. Ils sont commandés. On est toujours en coup en avant, comme un bon joueur d’échecs.»

En coulisses

M. Faucher, un ancien coéquipier de Kevin Lowe et Michel Goulet chez les Remparts, fait visiter au Soleil les coulisses du salon pendant que Born to be Wild joue à bonne intensité dans la place. On se retrouve derrière les quilles, au coeur des opérations. L’endroit rappelle à son proprio ses années d’adolescence, alors qu’il était «planteur de quilles» à Gatineau. Malgré que peu de joueurs soient en action, le bruit est assez intense. On imagine le tintamarre lorsque les 48 allées roulent à pleine capacité.


« On suit toutes les consignes que Legault et Arruda nous donnent, explique le propriétaire. Quand ils vont dire que tout le monde porte le masque, on va en avoir pour tout le monde. Ils sont commandés. On est toujours en coup en avant, comme un bon joueur d’échecs. »
Jocelyn Faucher

L’arrêt complet des activités au Quillorama a permis à l’équipe d’entretien, le chef mécano Charles Koesters en tête, de procéder à un grand dépoussiérage des équipements. Jocelyn Faucher n’est pas peu fier du travail accompli.

«Je ne suis pas gêné d’amener des invités ici n’importe quand», lance-t-il, entre deux anecdotes de ses années comme batailleur avec les Remparts. «Moi, j’étais pas bon au hockey parce que j’étais pas capable de voir en avant. Mais j’étais capable de frapper. J’aimais ça me battre. Un bon joueur comme Goulet voyait en avant, lui. En business c’est ça.»

Aux quilles comme au hockey, même combat...