Célestine Uhde (droite) est la porte-parole du mouvement Carrés Jaunes à l'école Joseph-Francois-Perrault. Elle pose avec sa petite soeur Constance, qui fréquente la même école.

L’école Joseph-François-Perrault divisée par le code vestimentaire

La directrice de l’école secondaire Joseph-François-Perrault, Marlène Bureau, s’est retrouvée au cœur d’une petite tempête, cette semaine, alors que des élèves de son établissement ont lancé le mouvement des Carrés jaunes pour réformer le code vestimentaire «sexiste» dans les écoles publiques de Québec.

Mme Bureau dit qu’elle encourage les élèves de son école à prendre position sur cet enjeu scolaire. Mais les Carrés jaunes sont encore loin d’obtenir le feu vert à leurs revendications, souligne-t-elle.  

«Ce n’est pas si simple», dit la directrice, qui gère une école de 600 élèves de 12 à 17 ans. «On a une responsabilité quand même du vivre-ensemble qui doit être accepté de tous.»

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Marlène Bureau précise qu’elle discute depuis le début de l’année avec les instigatrices des Carrés jaunes à propos du code vestimentaire. Elle a rédigé une proposition avec des modifications et a demandé à l’équipe-école de réfléchir sur ces règles.

Il reviendra toutefois au conseil d’établissement de l’école, composé à majorité de parents, de prendre la décision de modifier le code vestimentaire ou non, souligne Mme Bureau.

«Au bout du compte, c’est clair que c’est les adultes et les parents qui doivent se prononcer. Par contre, on peut évoluer. Moi je peux amener l’équipe à dire: “écoute, on est en 2018”, etc.», dit Mme Bureau. Mais «qu’est-ce que ça va donner ultimement? Je ne sais pas.»

Marlène Bureau préfère ne pas dévoiler le contenu de la nouvelle proposition du code vestimentaire. Elle sera «plus évolutive», dit-elle. Mais déjà, elle ne fait pas l’unanimité chez les enseignants. «C’est très, très serré.»

Les Carrés jaunes souhaitent pouvoir porter des shorts qui cachent les fesses, mais pas les cuisses; des leggings sans un chandail qui recouvre les fesses; des camisoles à bretelles spaghettis; et des chandails qui laissent voir les épaules et le dos. 

Les élèves veulent aussi que le chandail et le pantalon ne soient plus obligés de se superposer, ce qui permettrait de laisser une partie de ventre à découvert. Elles revendiquent également le droit de ne pas porter de brassières ou de laisser paraître les bretelles du soutien-gorge. 

Le mouvement des Carrés jaunes gagne de plus en plus d’adeptes dans les autres écoles secondaires de Québec et sur les réseaux sociaux, où des adolescents publient des photos d’elles avec le petit carré de feutre jaune.  

À l’école Joseph-François-Perrault, Marlène Bureau comprend que les filles se sentent «plus lésées» que les gars en vertu du code vestimentaire actuel. En même temps, les parties du corps qu’il est interdit de dévoiler concernent davantage les filles, souligne Mme Bureau. «J’ai pas encore vu de garçons se promener en mini-jupe, ni en gilet bedaine.»

«Par contre, on ne permet pas non plus aux garçons d’avoir les culottes où on voit la moitié des boxers», ajoute-t-elle. 

Par ailleurs, la directrice souligne que, par souci d’équité, le code vestimentaire s’applique à la fois aux élèves et au personnel de l’école. «Pas certain que les parents aimeraient voir les enseignantes arriver en mini-jupes», dit-elle. 

Les règles de l’école doivent être révisées chaque année. Le conseil d’établissement, qui est constitué à parité de parents et représentants d’élèves, d’enseignants, de professionnels, du personnel de soutien et de la direction, devra se prononcer sur la nouvelle proposition de code vestimentaire ce printemps.