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«Tous les jeunes du milieu des affaires, aussi bien les professionnels, que les entrepreneurs ou les travailleurs autonomes, ont souffert de la pandémie, même si ce fut de manière différente», explique Pierre Graff, président-directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.
«Tous les jeunes du milieu des affaires, aussi bien les professionnels, que les entrepreneurs ou les travailleurs autonomes, ont souffert de la pandémie, même si ce fut de manière différente», explique Pierre Graff, président-directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.

Le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec dépose son livre blanc sur la relance

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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Environ quatre semaines après avoir présenté son sixième Forum économique de la relance d’affaires, qui portait cette année sur la relance économique à la suite de la crise de la COVID, le RJCCQ déposera mercredi son livre blanc Et maintenant : en action pour la relance. Le document présente les principales recommandations formulées par les participants lors du Fera 2021 pour cibler les meilleures pratiques et stratégies à adopter pour que le Québec soit à l’avant-garde et qu’il ressorte plus fort de la crise sanitaire.

«Tous les jeunes du milieu des affaires, aussi bien les professionnels, que les entrepreneurs ou les travailleurs autonomes, ont souffert de la pandémie, même si ce fut de manière différente», a expliqué Pierre Graff, président-directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec. «Et on a tous senti cette année qu’il y aurait un avant et un après-COVID. Le sujet du forum étant la relance, nous avions regroupé les sujets de discussion sous quatre thèmes forts, soit le soutien à la relève d’affaires, la transformation du monde du travail, l’innovation ouverte et l’identité numérique. Les échanges que nous avons eus nous ont permis de rédiger 11 propositions qui permettront à la relance de profiter à tout le monde.»

M. Graff a expliqué que la relance devait être guidée par deux éléments majeurs. Il fallait mettre en place des mesures pour s’assurer que soit conservé l’élan entreprenarial que l’on a construit au Québec et dont le cœur est la jeunesse, mais aussi que le futur de l’économie québécoise repose sur des indices solides au niveau de l’innovation.

«La relève d’affaires est le moteur de la croissance économique du Québec. Les nouvelles entreprises sont responsables de 20 à 25 % de la création des nouveaux emplois. Or les deux tiers des startups de moins de cinq employés vont malheureusement être appelées à mourir dans les cinq premières années suivant leur création. La mise en place d’incitatifs pour les aider est donc importante.»

La première recommandation faite dans le livre blanc du RJCCQ  suggère donc d’alléger le fardeau fiscal des startups. Comment? En exemptant les impôts sur les salaires des fondateurs et les profits des nouvelles PME de plus d’un employé pour les deux premières années suivant leur création afin de réduire les charges financières et administratives et d’offrir un incitatif inédit pour se lancer en affaires. Mais aussi en assouplissant les règles fiscales en place afin que les entrepreneurs cédant leur PME à des repreneurs membres de leur famille profitent des mêmes bénéfices fiscaux que ceux accordés aux repreneurs externes. Finalement, en allégeant le fardeau d’endettement des PME en éliminant le taux d’intérêt sur les prêts leur ayant été consentis par les gouvernements depuis le début de la pandémie et en prolongeant le délai avant la date à laquelle elles devront commencer à les rembourser. 

«On est persuadé que, si on veut vraiment agir pour avoir un impact pendant ces années cruciales, aider les entreprises en augmentant le cash flow, accélérer à la fois la création de l’emploi, mais aussi créer un incitatif majeur qui va mener plus de personnes à se lancer en affaires, ces mesures permettront que l’esprit entreprenarial demeure au Québec.»

Les autres recommandations

Revenant sur les autres recommandations formulées dans le livre blanc, M. Graff a mentionné que les participants au Fera 2021 étaient convaincus qu’au niveau de l’innovation ouverte, il serait possible d’accélérer le développement d’entreprises innovantes dans tout le Québec grâce une collaboration entre certaines entreprises émergentes et d’autres qui sont déjà bien établies, une initiative qui aurait un effet extrêmement positif pour le tissu entreprenarial. Des recommandations ont aussi été faites concernant la transformation du monde du travail et les efforts qui sont faits au niveau de la requalification et du rehaussement des compétences, un processus qui demeurera bien présent. «C’est une transition qui ne se fera pas seulement en un an.»

Finalement, des recommandations ont été faite au niveau de l’identité numérique, un «identifiant» permettant de s’authentifier en ligne auprès des autorités sans pour autant avoir besoin d’identifiants papiers (permis de conduire, acte de naissance, etc.), promise pour 2021 par le gouvernement. Une des propositions est d’élargir le projet actuel afin que celui-ci devienne un véritable «portefeuille numérique» développé de manière conjointe avec le gouvernement du Canada qui permettra d’utiliser autant les services gouvernementaux que d’interréagir de manière sécurisée avec des entreprises privées en diminuant l’empreinte numérique des individus.

«L’Estonie a adopté un modèle d’identité numérique il y a 20 ans. En plus de nombreux avantages, celui-ci lui a permis de faire des économies représentant 2 % de son PIB.»

M. Graff s’est dit conscient que la mise en place de certaines recommandations du livre blanc du RJCCQ ne prendrait pas tous le même temps. Les recommandations pour le soutien à la relève d’affaires pourraient être appliquées rapidement mais d’autres, comme celles sur l’identité numérique pourraient prendre plusieurs années avant de l’être. Il a ajouté qu’un travail pourrait cependant être rapidement amorcé afin de le publiciser auprès de la population et de développer son adhésion.

Questionné sur les actions que prendrait le RJCCQ à la suite du dépôt de son livre blanc, M. Graff a d’abord indiqué que le gouvernement était très à l’écoute. Et il a ajouté que son organisme continuera à échanger avec les différents paliers gouvernementaux au cours des prochains jours et des prochaines semaines.

«On collabore également avec de nombreux organismes et on espère qu’ensemble, on trouvera les solutions pour que nos propositions voient le jour et qu’elles permettent à la relance d’être réussie, mais aussi à l’économie québécoise d’amorcer une transformation profonde.»