«C’est non seulement l’occasion pour le Québec de se doter d’une autonomie au niveau de l’approvisionnement en matériel médical, mais imaginez aussi sa valeur sur le marché! Tous les pays du monde vont vouloir avoir des stocks pour faire face à une autre éventuelle crise sanitaire», s’enthousiasme le maire de Granby, Pascal Bonin.
«C’est non seulement l’occasion pour le Québec de se doter d’une autonomie au niveau de l’approvisionnement en matériel médical, mais imaginez aussi sa valeur sur le marché! Tous les pays du monde vont vouloir avoir des stocks pour faire face à une autre éventuelle crise sanitaire», s’enthousiasme le maire de Granby, Pascal Bonin.

Le Québec «à deux doigts de fournir la planète en matériel médical», dit Pascal Bonin

Pascal Bonin en est convaincu: le Québec «est à deux doigts de fournir la planète en matériel médical». Plus que jamais, le maire de Granby est persuadé que le futur réside dans une plante qui avait un avenir prometteur il y a quelques années, mais qui a connu une triste fin d’exploitation. On parle ici de l’asclépiade.

«Tout ce qu’il reste à faire, c’est de trouver un moyen d’en alourdir la fibre», expose-t-il en vantant les mérites de celle qu’on surnomme également soyer du Québec ou encore soie d’Amérique.

L’asclépiade est déjà bien connue pour ses nombreuses vertus, notamment comme isolant thermique et pour ses capacités impressionnantes d’absorption d’hydrocarbure. «Mais on a oublié qu’à la base, le souhait de M. Simard [ndlr: François Simard, le président de la défunte entreprise granbyenne Protec-Style, qui exploitait les propriétés isolantes de l’asclépiade afin de développer des produits résistants au froid] était d’inventer un textile qui protégerait sa fille infirmière des virus», rappelle-t-il.

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L’idée de base de François Simard était effectivement d’inventer un uniforme antimicrobien destiné au personnel médical.

«Je dois être trop en avance sur mon temps. [...] Porter des vêtements qui tuent les bactéries, ça n’intéresse personne. Pourtant, le tissu est un excellent vecteur de propagation», affirmait François Simard à La Presse en 2010 pour tenter d’expliquer pourquoi son entreprise tirait toujours le diable par la queue après trois ans de travail.

Dix années plus tard, il y a fort à parier que son discours serait tout autre. «Avec le contexte de pandémie qu’on vient de connaître, je suis convaincu que l’intérêt pour la fibre d’asclépiade va exploser! C’est la fibre du futur! Imaginez l’immense potentiel qu’elle offre pour la confection de blouses médicales, de masques», relève Pascal Bonin, enthousiaste.

«C’est non seulement l’occasion pour le Québec de se doter d’une autonomie au niveau de l’approvisionnement en matériel médical, mais imaginez aussi sa valeur sur le marché! Tous les pays du monde vont vouloir avoir des stocks pour faire face à une autre éventuelle crise sanitaire», poursuit-il, ne cachant pas son désir de vouloir attirer une éventuelle entreprise du genre à Granby.

L’asclépiade est déjà bien connue pour ses nombreuses vertus, notamment comme isolant thermique et pour ses capacités impressionnantes d’absorption d’hydrocarbure.

Entrepreneur recherché

M. Bonin est si convaincu des possibilités qu’offre cette plante indigène — emblème floral de sa ville — qu’il les a soulevées, début juin, lors d’une rencontre entre le premier ministre François Legault et le caucus régional de l’Estrie ainsi que des élus régionaux.

«M. Legault ne connaissait pas cette plante, ses vertus et l’histoire de Protec-Style, mais il s’est montré très enthousiaste devant les énormes possibilités de cette fibre-là», affirme-t-il.

Le député de Granby et ministre des Transports François Bonnardel, présent à cette rencontre visant à discuter de relance économique, s’est aussi dit emballé. Mais il est d’avis qu’il est prématuré de dire eurêka. «C’est sûr que tout ça à un énorme potentiel, mais à la base, ça prendrait un entrepreneur pour relancer cette niche-là», dit-il.

«Donc si quelqu’un est intéressé...», appelle-t-il.

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PETITE HISTOIRE DE PROTEC-STYLE ET L'ASCLÉPIADE
Le développement de la filière de l’asclépiade a été porté durant de nombreuses années par l’entreprise granbyenne Protec-Style, qui a jeté les bases de cette industrie avec ses travaux de recherche et développement. Protec-Style a déclaré faillite en octobre 2017. Mais l’isolant à base d’asclépiade a néanmoins fait ses preuves sur le mont Everest. La Garde côtière canadienne l’a aussi testé. La marque de vêtements de plein air Quartz Co a pour sa part développé des manteaux avec cet isolant. La PME Monark Eco Fibre a tenté de prendre le relais de la filière abandonnée par Protec-Style, mais a à son tour lancé la serviette l’année suivante.