Selon Transcontinental, le Publisac, distribué à 3,3 millions de résidences au Québec, représente en moyenne entre 1000 $ et 1500 $ d’économies annuelles pour ceux vivant dans des ménages gagnant moins de 35 000 $ par an.
Selon Transcontinental, le Publisac, distribué à 3,3 millions de résidences au Québec, représente en moyenne entre 1000 $ et 1500 $ d’économies annuelles pour ceux vivant dans des ménages gagnant moins de 35 000 $ par an.

Le Publisac se dit «essentiel»

Christopher Reynolds
La Presse canadienne
La recommandation d’un comité montréalais visant à encadrer la distribution des circulaires comme le Publisac est «insensible, incohérente et impraticable», estime le président et chef de la direction de TC Transcontinental.

François Olivier a affirmé, lundi, que le contenu du rapport dévoilé la semaine dernière par la Commission sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs de Montréal ne tient pas compte des besoins des consommateurs québécois et remet à Postes Canada le monopole des circulaires.

La commission proposait l’imposition d’un système de consentement «opt-in», où un citoyen qui désire recevoir des circulaires devrait par exemple l’indiquer par la présence d’un autocollant. C’est l’inverse du modèle actuel, appelé «opt-out», où c’est le résident qui ne veut pas recevoir de circulaires qui doit apposer l’autocollant.

Le Publisac — qui contient à la fois des feuillets publicitaires et généralement un hebdomadaire local — est «essentiel pour les ménages à faible revenu et les personnes âgées, a-t-il dit. Les gens lisent toujours des dépliants sur papier parce qu’ils économisent de l’argent chaque semaine. C’est aussi simple que cela.»

Front commun

En conférence de presse, M. Olivier était accompagné de la présidence du conseil d’administration de Transcontinental Isabelle Marcoux, de représentants du milieu syndical et de groupes médiatiques dans le cadre d’un front commun pour demander de nouvelles consultations avec la mairesse Valérie Plante.

Jeudi dernier, la commission avait recommandé que les circulaires comme le Publisac soient distribuées seulement qu’à ceux qui le demandent et non d’une façon systémique sur l’île de Montréal, puisque les coûts environnementaux sont trop élevés.

L’éditeur et imprimeur québécois distribue son produit à environ 800 000 domiciles sur l’île de Montréal, ce qui représente 20 800 tonnes de matières générées chaque année selon la commission.

Transcontinental a indiqué qu’elle achemine plus de 100 publications hebdomadaires de nouvelles locales à travers le Québec ainsi que des circulaires grâce au Publisac. Les hebdomadaires locaux s’inquiètent pour leur avenir advenant un changement au mode de distribution actuel qui ferait grimper les coûts.

L’analyste Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, a estimé que les circulaires livrées dans le sac de plastique du Publisac ont représenté des ventes d’environ 130 millions $ pour Transcontinental l’an dernier, ce qui représente environ 5 % des revenus totaux de la société établie à Montréal.

M. Olivier a reconnu que certaines personnes ne désiraient pas recevoir le Publisac, en rappelant que celles-ci pouvaient facilement l’indiquer à l’entreprise.

«Il y a dix ans, nous n’avions personne qui ne voulait pas recevoir le Publisac, a rappelé le dirigeant de Transcontinental. Aujourd’hui, nous avons 200 000 personnes. Demain, s’il y en a 250 000, 300 000, un demi-million, nous avons le système pour le faire. C’est pourquoi nous nous demandons, «pourquoi tout changer?»»

Selon Transcontinental, le Publisac, distribué à 3,3 millions de résidences au Québec, représente en moyenne entre 1000 $ et 1500 $ d’économies annuelles pour ceux vivant dans des ménages gagnant moins de 35 000 $ par an. Les sacs sont faits à 100 % de matières recyclées, a expliqué M. Olivier, sans nier qu’ils finissent par se retrouver dans les dépotoirs.

Le directeur du syndicat Unifor au Québec, Renaud Gagné, a souligné que les circulaires étaient «entièrement recyclables».