À l’Assemblée nationale, le projet de loi qui donnera naissance à la Société québécoise du cannabis entre dans une phase accélérée. Son principe devrait être adopté mardi.

Le partage des revenus du cannabis bientôt réglé

L’Union des municipalités Québec (UMQ) est confiante de s’entendre avec le gouvernement sur le partage des revenus du cannabis d’ici le dévoilement du budget du Québec, en mars.

Comme ce budget devrait être le tout premier qui contient une colonne des dépenses et des revenus sur le thème du cannabis, les municipalités estiment qu’elles doivent être assurées d’obtenir leur part du gâteau d’ici là.

«On est confiants. Il n’y a pas d’impasse avec le gouvernement», a soutenu Alexandre Cusson, président de l’UMQ et maire de Drummondville. M. Cusson avait réclamé une entente avant le 28 février, question de donner le temps aux villes de se préparer, mais il se dit aujourd’hui prêt à attendre quelques semaines de plus. 

«Ce qu’on veut, c’est toujours le tiers des revenus de la taxe sur le cannabis et une formule de partage des revenus qui ressemble à la taxe sur l’essence. Ce qui est important pour nous, c’est de ne pas créer une nouvelle couche de bureaucratie», explique M. Cusson. 

Le gouvernement du Québec ne garantit pas de son côté que la question du partage des revenus avec les municipalités sera réglée avant le prochain budget ou avant l’adoption finale du projet de loi. Alexandra Régis, attachée de presse de la ministre déléguée à la Santé publique Lucie Charlebois, assure toutefois que «des discussions sont en cours avec les partenaires municipaux». «À ce moment-ci, il serait prématuré de statuer sur des pourcentages.»

En décembre dernier, Ottawa a consenti à verser 75 % des taxes perçues sur la marijuana aux provinces. Reste maintenant à Québec à évaluer la lourdeur de ses responsabilités vis-à-vis celles des municipalités à ce chapitre. 

Phase accélérée

À l’Assemblée nationale, le projet de loi qui donnera naissance à la Société québécoise du cannabis (SQC) entre dans une phase accélérée. Son principe devrait être adopté mardi et il sera ensuite étudié article par article. «On est dans une optique où on veut l’adopter rapidement», soutient Mme Régis. 

La ministre Charlebois a maintes fois demandé à ses collègues de l’opposition de mettre de côté la partisanerie dans ce dossier et espère obtenir leur collaboration pour faire avancer les choses au cours des prochaines semaines. Selon Mme Régis, «il est possible que la ministre dépose des amendements» à son projet de loi initial, sans spécifier lesquels. 

C’est que le temps presse pour le gouvernement du Québec. Le cannabis doit être légalisé par le gouvernement fédéral dans moins de cinq mois. 

La SAQ s’active

La Société des alcools du Québec (SAQ) commence de son côté à s’activer en vue de préparer la naissance de la SQC, qui sera l’une de ses filiales. 

Le recrutement et la formation du personnel qui travaillera dans l’une des 15 succursales prévues lors de la première année d’existence de la SQC ne sont pas encore amorcés, mais la SAQ planche sur un plan de déploiement des points de vente. 

«Le travail est bien amorcé, mais il n’est pas complété», soutient Linda Bouchard, agente d’information pour la SAQ. Mme Bouchard ne veut toutefois pas donner davantage de détails, car la SAQ attend l’adoption finale du projet de loi pour aller de l’avant. «Les prises de décision doivent se faire à la lumière de certaines balises qui restent encore à être déterminées.»

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LA LCBO CHOISIT LA PLATEFORME SHOPIFY POUR LES VENTES DE CANNABIS

TORONTO — La Régie des alcools de l'Ontario (LCBO) a choisi la plateforme de commerce électronique Shopify pour les ventes de cannabis en ligne et au détail, alors qu'elle s'apprête à devenir le seul distributeur de marijuana récréative de la province.

Le portail de ventes en ligne et sur appareil portable de la Société ontarienne de vente du cannabis (SOVC), une filiale de la LCBO, utilisera la plateforme de la compagnie d'Ottawa.

La technologie de Shopify sera également utilisée dans les succursales de la LCBO pour traiter les transactions sur iPad et pour afficher, sur des écrans, de l'information aux consommateurs. La SOVC explique que les Ontariens auront accès à la même information en ligne et sur place en magasins.

Les consultations publiques de Santé Canada concernant les règles qui devraient encadrer la vente du cannabis ont pris fin le 20 janvier. La version définitive de ces règles est maintenant attendue par les provinces, qui seront responsables de la distribution du cannabis. Ces règles concernent par exemple les restrictions sur l'emballage et la mise en marché, comme pour les produits du tabac.

En plus des ventes en ligne, le cannabis sera offert dans 40 succursales de la LCBO, un nombre qui doit atteindre 150 à la fin de 2020.

D’autres expériences

La LCBO avait déjà choisi à la fin de 2017 la technologie de Shopify pour dresser son inventaire, réaliser sa comptabilité et gérer ses ressources humaines.

La Société ontarienne de vente du cannabis développe actuellement un modèle d'«expérience utilisateur», et espère pouvoir mettre en place tout le système à temps pour la légalisation de la marijuana par Ottawa, prévue en juillet.

En Ontario, la marijuana ne sera vendue que dans des magasins sur rue ou en ligne exploités par le gouvernement, alors que d'autres provinces, comme l'Alberta ou la Colombie-Britannique, permettront une certaine participation du secteur privé dans la vente au détail.  La Presse canadienne