Le Montréalais Luguentz Dort (0) a joué pour les Sun Devils de l’Université Arizona State la saison dernière.

Le Montréalais Luguentz Dort sur le seuil de la NBA

Le Montréalais Luguentz Dort est plus près que jamais de réaliser un rêve, accéder à la NBA.

En prévision du repêchage du circuit, jeudi, à Brooklyn, il a eu des discussions et des entraînements avec plusieurs équipes dont les Trail Blazers de Portland, le Jazz de l’Utah, le Thunder d’Oklahoma City, les Pacers de l’Indiana, les 76ers de Philadelphie et les Celtics de Boston.

Tout cela après de beaux résultats au camp d’évaluation de la NBA, à la mi-mai.

Garde de six pieds quatre et 222 livres, l’athlète de Montréal-Nord a eu 20 ans le 19 avril.

Après une seule année dans la NCAA, avec Arizona State, Dort a été nommé la recrue de l’année dans la section Pac-12. Il a compilé des moyennes de 16,1 points, 4,2 rebonds et 1,5 vols par match.

Plusieurs observateurs croient qu’il sera choisi autour du 25e rang, jeudi, mais d’autres le voient davantage en deuxième ronde.

«Il est explosif, a confié l’entraîneur des Sun Devils, Bobby Hurley, à La Presse canadienne, la semaine dernière. Il se déplace vraiment bien vu son gabarit, il est créatif en contrôle du ballon. Il est très bon dans le jeu de transition.

«C’était un plaisir d’être son entraîneur. C’est un jeune exceptionnel, sur le terrain et en dehors. C’est facile de se ranger de son côté et de l’appuyer.»

Lors d’entretiens séparés, La Presse canadienne a aussi rencontré deux autres témoins de son ascension soit Nelson Ossé et Joey McKitterick, qui l’ont dirigé à l’adolescence.

Ossé a grandi dans Parc-Extension, où il est le directeur des Loisirs du Parc.

Avec les Knights, il a été son entraîneur de 11 à 16 ans environ, jusqu’au moment où Dort a poursuivi sa route dans deux écoles en Floride, puis une en Ontario.

«J’ai appris à le connaître comme joueur et comme personne, a dit Ossé. Luguentz jouait plus au soccer avant, alors au début, il n’était pas avancé sur le plan technique du basket.

«Un été, il a eu un bon ‘’boost’’ physiquement. Il est devenu plus fort et plus rapide, il se démarquait.

«Du côté académique, ça allait moins bien. Avec ses parents, nous avons fait le choix de l’encadrer avec du sports-études. Il a eu du tutoriat, mais nous avons aussi dû le suspendre de l’équipe quelques fois (pour des raisons académiques).

«Il a très bien réagi. Au début c’était parfois dur? il y a des jours où il ne m’a pas aimé, c’est certain.

«Mais je lui disais toujours à lui et à ses parents que dans le développement d’un bon athlète, ça prend un bon mélange.

«Quand on le suspendait ou qu’on l’envoyait à la maison pour faire des devoirs, nous avions le soutien de la famille. Il a pris de la maturité.

«Je suis très content pour lui. Il a mis les efforts pour en arriver là. Ce ne sont pas les autres qui ont fait le travail à sa place.

«Il y a des jours où il aurait facilement pu abandonner. Il n’a jamais choisi la route facile, et c’est tout à son honneur.»

McKitterick, qui l’a dirigé pendant près de six ans avec Brookwood Elite en AAU, un circuit estival d’élite, a évoqué plusieurs moments marquants de son parcours.

«À 13 ans, dans un tournoi en Indiana, dans un match très physique contre une équipe de grand talent, il a brillé. Une fois, à 15 ans à Montréal, face à l’un des meilleurs clubs au Canada, il était le meilleur joueur sur le terrain.

«Il dominait avec de l’effort pur? il fallait ensuite développer son maniement du ballon et ses tirs, a confié McKitterick, qui est originaire du West Island de Montréal.

«Au Adidas Nations (à Long Beach, en 2016), il a été notre meilleur joueur. Il n’était pas intimidé face à des gars comme Dennis Smith fils, DeAndre Ayton, Wendell Carter fils et Kevin Knox, tous plus âgé que lui.»

Le talent et le travail ont mené Dort jusqu’aux Sun Devils, avec lesquels il a épaté la galerie.

«Ce qu’il a amélioré le plus, c’est sa capacité de s’ajuster. Dans la NCAA, tout est scruté à chaque match, rappelle Ossé.

«Au début de la saison, Luguentz était en feu (28 et 25 points à ses deux premiers matchs). Les équipes se sont ajustées, mais vers la fin de la saison, on voyait que Luguentz faisait de meilleures lectures du jeu.»

«Le bon côté (du creux de vague), c’est qu’il a développé une capacité à rebondir quand ça va moins bien, a dit McKitterick.

«Quand ça ne fonctionnait pas trop à l’attaque, il redoublait d’ardeur en défense. Il savait que ça aiderait l’équipe.»

«Il devrait intéresser les clubs qui valorisent des gardes coriaces et tenaces», ajoute McKitterick, qui est en charge de la vie étudiante à Centennial Academy, dans NDG.

«C’est sûr qu’avec un entraîneur qui fait de la défense une priorité, Luguentz n’aurait pas trop de misère à avoir du temps de jeu, dit Ossé. Mais tout ce qu’il veut, c’est l’occasion de se faire valoir. Être choisi, se présenter et y mettre le travail nécessaire.»

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TÊTES D'AFFICHE CANADIENNES AU REPÊCHAGE DE LA NBA

Brandon Clarke des Bulldogs de Gonzaga

Outre le Montréalais Luguentz Dort qui espère trouver preneur au repêchage de la NBA, jeudi, à Brooklyn, un nombre record de Canadiens pourraient être sélectionnés lors des deux rondes.

Voici un aperçu de quatre autres espoirs canadiens en vue de l’événement qui se tiendra au Barclays Center.

R.J. Barrett (Duke, 1 saison)

Six pieds sept, 208 livres

Classement au repêchage anticipé d’ESPN: le 3e rang

Natif de Mississauga en Ontario, il a fait la pluie et le beau temps avec Zion Williamson, qui sera selon les observateurs le premier choix au total. Les amateurs québécois ont pu voir Barrett à l’oeuvre en août dernier, quand les Blue Devils étaient de passage à la Place Bell, pour y affronter McGill.

Brandon Clarke (Gonzaga, 1 saison; avant cela: San Jose State, 2 saisons)

Six pieds huit, 210 livres

Classement au repêchage anticipé d’ESPN: le 13e rang

Clarke est né à Vancouver, mais il a grandi à Phoenix, dès l’âge de trois ans. Il a été le joueur défensif de l’année dans la section WCC, avec Gonzaga. Il a mené la NCAA avec 117 blocs, aidant les Bulldogs à atteindre les quarts de finale du March Madness. À 22 ans, il est l’un des joueurs les plus âgés à être perçu comme un choix de premier tour.

Nickeil Alexander-Walker (Virginia Tech, 2 saisons)

Six pieds six, 200 livres

Classement au repêchage anticipé d’ESPN: le 22e rang

Natif de Toronto. Lui et les Hokies ont accédé aux huitièmes de finale au March Madness, où ils ont bien failli surprendre Duke. Les Blue Devils l’ont échappé belle, 75-73, lors d’un match où Barrrett a inscrit 18 points, contre neuf pour Alexander-Walker.

Mfiondu Kabengele (Florida State, 2 saisons)

Six pieds neuf, 235 livres

Classement au repêchage anticipé d’ESPN: le 23e rang

Natif de Burlington en Ontario, de parents originaires du Congo. Il est le neveu de Dikembe Mutombo, un membre du Temple de la renommée. Au March Madness, les Seminoles ont perdu 72-58 devant Gonzaga, en huitièmes de finale. Clarke a fourni 15 points, contre 8 pour Kabengele.