La ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney

Le Droit en difficultés: Mulroney «très déçue», mais pas d’aide de l’Ontario pour l’instant

La ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, s’est dite « très déçue » d’apprendre que le journal Le Droit était en difficultés, mais n’a pas voulu confirmer si le gouvernement Ford allait lui venir en aide.

Mme Mulroney a reconnu le caractère essentiel du Droit pour les Franco-Ontariens, lors d’une annonce faite mardi matin pour le Carrefour santé Orléans. Son gouvernement a annoncé un investissement pouvant aller jusqu’à 75 millions $ dans ce projet qui réunira les services de santé sous un seul toit. 

Durant cette annonce, Mme Mulroney a parlé de l’importance de l’hôpital Montfort, qui fera partie du projet, pour la communauté francophone. La ministre des Affaires francophones s’est contentée de répondre qu’elle allait « refléter sur le fait que (Le Droit) est un pilier de la francophonie, et pour ce qui est des actions gouvernementales, ça va prendre un peu de temps pour refléter sur cela ». 

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La ministre s’est gardée de commenter davantage sur la question. 

L’avocat et fervent défenseur des droits linguistiques, Ronald Caza, assure que le gouvernement de l’Ontario possède les programmes et les outils nécessaires pour venir en aide au journal. « C’est absolument important et essentiel que le gouvernement se penche et utilise comme modèle ce que le gouvernement du Québec a fait. »

Président de la Fondation de l’Hôpital Montfort, M. Caza souligne le rôle clé qu’a joué Le Droit dans la survie de l’hôpital Montfort. « C’était très important que toute la communauté, pas juste de l’Ontario, mais de tout le Canada, soit au courant de ce que vivait Montfort, et c’est le journal Le Droit qui s’est assuré que ce message-là soit propagé. »

À ses dires, le gouvernement Ford lancerait un message important aux Franco-Ontariens s’il décidait d’appuyer le seul quotidien francophone de la province. « Une annonce du gouvernement au fait qu’ils vont aider à subvenir aux besoins financiers du journal Le Droit enverrait un message à tous les Franco-Ontariens que ça vaut la peine de continuer à faire des efforts pour préserver notre langue et notre culture. »

Par ailleurs, M. Caza est d’avis que le rôle que joue Le Droit en Ontario est encore plus grand que celui que jouent les journaux québécois. « Au Québec, c’est de s’assurer que la communauté maintient ses journaux. Pour nous, c’est pour s’assurer que nous puissions continuer de vivre en français et de survivre dans une province où nous sommes une minorité. Nous avons besoin du journal Le Droit, et le gouvernement a besoin de jouer un rôle pour l’aider à survivre. »

Le maire d’Ottawa pessimiste

Pour le maire d’Ottawa, Jim Watson, les difficultés du journal Le Droit représentent de « très mauvaises nouvelles, non seulement pour les employés, mais aussi pour toute la population de la ville d’Ottawa et à Gatineau ». 

« C’est vraiment triste si on perd ce journal, parce que c’est la seule voix pour la communauté francophone. »

M. Watson affirme que la Ville d’Ottawa n’a pas la capacité de fournir des subventions au journal, et il doute que le gouvernement Ford fasse quoi que ce soit. 

« Je ne suis pas optimiste que le gouvernement Ford va aider un journal francophone, malheureusement parce qu’ils n’ont pas une très bonne histoire positive avec la communauté francophone, avec l’histoire de Montfort, et certainement lorsqu’il a annulé l’université francophone. Alors je ne suis pas un optimiste que la province va aider avec des fonds ou une subvention. »