Le psychiatre Pierre Mailloux poursuit le Collège des médecins pour plus de 10 M$.
Le psychiatre Pierre Mailloux poursuit le Collège des médecins pour plus de 10 M$.

Le Doc Mailloux poursuit le Collège des médecins pour plus de 10 M$

Trois-Rivières — Le psychiatre Pierre Mailloux n’entend pas en rester là avec le Collège des médecins. Estimant avoir été victime d’acharnement de la part de son ordre professionnel pendant de nombreuses années, le Doc Mailloux entame une poursuite de plus de 10 M$ contre l’institution afin d’obtenir réparation.

«C’est une ultime requête, qui vise à réparer tout le tort qu’ils m’ont causé depuis 1999. C’est aussi simple que ça», résume le psychiatre qui a, depuis les dernières années, été radié ou limité dans sa pratique professionnelle pas moins de sept fois par son ordre professionnel en lien avec différentes plaintes déontologiques.

«Ça représente ni plus ni moins que 21 mois de radiation au cours desquels je n’ai pas pu pratiquer mon métier. Tout ça sans que le Collège n’ait jamais daigné me remplacer auprès de mes patients. C’est l’un des nombreux torts qui ont été causés par leur acharnement», confie-t-il en entrevue.

Rappelons que les nombreuses procédures entamées contre lui par le syndic du Collège Mario Deschênes devant le comité de discipline touchaient pour la plupart la prescription de mégadoses de neuroleptiques, mais également plusieurs propos qui avaient été tenus par le psychiatre sur les ondes radiophoniques, lorsqu’il collaborait à une émission quotidienne au 98,5. Soulignons que M. Deschênes a été congédié du Collège des médecins l’an dernier, les raisons de son congédiement n’ayant pas été précisées.

Dans la demande introductive d’instance déposée à Trois-Rivières il y a quelques jours, le psychiatre qui pratique à Louiseville reproche au Collège des médecins son attitude à son égard qui, selon lui, «avait pour but de nuire au demandeur puisque ce dernier jouit d’une grande notoriété professionnelle et médiatique, ce qui déplaît au Collège». Il indique également que «le demandeur a dû défendre sa réputation en tant que médecin psychiatre pendant plusieurs années».

Selon Pierre Mailloux, l’ensemble de ces procédures ont eu un effet direct sur sa vie personnelle et professionnelle. «Après tout ça, je peux comprendre le monde d’être sceptique et d’avoir peur de moi», souligne celui qui dit avoir été traité injustement par son ordre professionnel.

Sa vie familiale en a également été affectée, soutient-il. «C’est un tort épouvantable qui m’a été fait. Ça a affecté ma famille, mes enfants. J’ai perdu mon élevage de 19 chevaux que je possédais en raison de la perte financière causée par les radiations et aussi les procédures judiciaires», note-t-il.

Pierre Mailloux rappelle, à titre d’exemple qu’en 2007, alors que des procédures étaient entamées contre lui, la station de radio 98,5 où il animait une émission quotidienne avait préféré ne pas renouveler son contrat, une perte salariale annuelle de 320 000$.

«Je compte aussi le temps passé à préparer mes causes et à me défendre. Je me suis toujours défendu moi-même, sans quoi je me serais ruiné, alors que le Collège avait recours à ses avocats de l’interne et aussi à des firmes externes», considère celui qui rappelle que malgré ce déséquilibre des forces, les tribunaux ont souvent renversé en sa faveur des décisions du comité de discipline.

Le psychiatre qui a retrouvé son droit de pratique complet se dit par ailleurs convaincu que s’il n’avait pas été aussi présent sur la place publique, notamment par les ondes radiophoniques, jamais on ne se serait acharné ainsi sur lui. «Ce qui dérangeait, c’est que j’étais une grande gueule. Je pestiférais sur les ondes à propos de plein de sujets. Le Collège a toujours été au courant de tout ce que je faisais au point de vue professionnel, mais ça n’a jamais convenu au point de vue de l’image», constate-t-il.

Ainsi, Pierre Mailloux réclame, à travers cette poursuite civile, un montant de 4 M$ de dommages compensatoires pour la perte de revenus, 2M$ pour troubles, inconvénients et perte de jouissance de la vie, 2 M$ pour atteinte à sa réputation, 2 M$ en dommages punitifs et dissuasifs pour atteinte illicite et intentionnelle à son honneur et ses droits de même que le remboursement de frais judiciaires et amendes au Collège des médecins au montant de 125 781$.