Un coq un peu « trop enthousiaste » a provoqué une chicane entre voisins dans la municipalité de Montebello.

Le coq de la discorde

Une résidente de Montebello, qui en a assez du coq de la voisine qui chante à plein gosier à toute heure de la nuit et de la journée, vient de déposer une plainte à la Sûreté du Québec, faute d’avoir pu obtenir l’aide de la municipalité.

La plaignante, qui réclame l’anonymat, a contacté Le Droit, en milieu de semaine dernière, soutenant avoir « tout essayé » afin de régler la situation pour éviter que ça dégénère.

Cette dernière, qui habite avec son conjoint dans une maison située sur une rue résidentielle de Montebello, dans le périmètre urbain du village, affirme que sa voisine immédiate s’est procuré des poules et un coq l’été dernier. Depuis janvier, l’oiseau en question, qui a visiblement atteint sa maturité sexuelle, a commencé à entonner le cocorico au grand désarroi du voisinage.

« La fenêtre de notre chambre à coucher est peut-être à 30 pieds de sa cour. Se faire réveiller à 1h30 du matin ou à différentes heures de la nuit, ça devient frustrant. J’ai appelé la police à quelques reprises au courant de l’hiver. On m’a demandé d’aller remplir une déclaration, mais j’ai refusé parce que personne ne veut faire de la chicane avec ses voisins, mais ç’a juste continué », a expliqué la Montebelloise.

La jauge de tolérance de la plaignante a toutefois atteint ses limites au courant du dernier mois.

« À un moment donné, la patience déborde et tu n’en as plus. Je suis allée à la ville pour parler avec le directeur général. Je leur ai demandé s’ils allaient faire une réglementation contre les coqs. Je n’ai pas de problème contre les poules. C’est le coq qui dérange. Ça crie aux 10 minutes et c’est un peu agressant. La direction générale m’a dit qu’il ne ferait pas de réglementation contre le coq et on m’a recommandé d’appeler la police parce qu’il existe une loi sur les nuisances avec la Sûreté du Québec », poursuit la dame qui ajoute avoir suggéré à la municipalité d’implanter un cadre réglementaire comme celui de la localité voisine de Papineauville où un projet pilote de « poules urbaines », adopté en 2017, est finalement devenu permanent.

Devant l’inaction de l’administration municipale, la citoyenne s’est finalement rendue au poste de police pour déposer une plainte en bonne et due forme. Du côté de la Sûreté du Québec, le sergent Marc Tessier confirme qu’un dossier a été ouvert, vendredi, à la suite d’un signalement en lien avec un animal, dans la MRC de Papineau, mais n’a pas fourni plus de détails.

L’initiative de la plaignante n’est pas d’alimenter le conflit entre voisins, assure-t-elle.

« Je ne veux pas faire du brouhaha avec ma voisine. Ce que je demande, c’est que la municipalité soit logique. Si tu veux entendre des coqs, des brebis et des chèvres, va-t’en en campagne, dans le fond d’un champ sur une ferme. Mais ici, nous sommes dans le cœur du village. Nous sommes en ville », clame-t-elle.

Pas de règlement pour un « cas isolé »

Le maire de Montebello, Martin Deschênes, indique que son administration n’a pas l’intention, pour l’instant, d’implanter un règlement municipal pour interdire les coqs en zone urbaine.

La municipalité a redirigé la citoyenne vers la police puisque le seul règlement valable dans cette situation est le règlement 06-005 sur les animaux, appliqué par la SQ. « Constitue une nuisance et est prohibé un animal qui aboie, miaule ou hurle d’une manière à troubler la paix », peut-on lire à l’article 3 du règlement.

« Étant donné que n’avons aucun règlement qui interdit d’avoir un coq, on ne peut pas intervenir. Maintenant, si on doit faire un règlement, c’est un processus qui va prendre entre deux et cinq mois. Il faut y réfléchir. [..] On n’est pas rendu là. On a énormément de dossiers de développement économique à Montebello sur lesquels les fonctionnaires et conseillers travaillent déjà d’arrache-pied. Quand ce sera nécessaire, on va se pencher là-dessus, mais là on parle d’un cas isolé », affirme M. Deschênes, rappelant au passage que le Code civil demande « aux voisins de s’entendre entre eux » avant de porter plainte lorsqu’il y a conflit.