Le conflit entre les optométristes et Québec risque d’aller en cour

Le conflit entre le gouvernement Couillard et les optométristes s’envenime, alors que ces derniers menacent de défendre leurs droits devant les tribunaux.

Par voie de communiqué mercredi, l’Association des optométristes du Québec (AOQ) a contesté l’arrêté ministériel publié le 16 février et faisant en sorte de forcer les optométristes à demeurer dans le régime public.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s’est toutefois montré rassurant en affirmant que les négociations avec les optométristes allaient reprendre, de nouvelles séances étant à l’horaire.

Il a dénoncé, lors d’une mêlée de presse, la «prise d’otages» de nombreux patients vulnérables exercée par les optométristes, en vue d’accroître la pression sur le gouvernement.

«Moi, je suis là pour les patients», a plaidé le ministre Barrette, voulant garantir l’accès des patients aux examens de la vue et se disant prêt à prendre les moyens à sa disposition pour y arriver.

Selon l’association, Québec n’a pas le pouvoir de suspendre le droit des optométristes de ne plus participer au régime public d’assurance-maladie.

Mécontents du processus de négociation entrepris avec Québec sur la grille de hausses tarifaires à fixer pour les années à venir, environ 90 pour cent des 1400 optométristes menacent depuis quelques semaines de se retirer du régime public à compter du 10 mars.

En guise de protestation, les optométristes avaient quitté la table de négociations après seulement deux séances.

Malgré ce climat tendu, le ministre s’est dit convaincu, mercredi, de pouvoir en arriver à une entente négociée avec eux.

L’entente quinquennale définit les conditions de participation des optométristes au régime public qui couvre la population de moins de 18 ans et de 65 ans et plus, ainsi que les prestataires de la sécurité du revenu. Ces assurés pourraient devoir payer une consultation de leur poche à compter du 10 mars, si aucune entente n’intervient d’ici là.

Grogne chez les aînés

Le gouvernement et les optométristes mettent la santé des aînés en péril, en éliminant la gratuité des examens de la vue pour les personnes âgées de 65 ans et plus, ont déploré, mercredi, les quatre plus grands organismes représentant les aînés québécois.

Selon Danis Prud’homme, directeur général du réseau FADOQ, près de la moitié des aînés québécois ont un revenu annuel d’environ 20 000 $ par année. Plusieurs d’entre eux pourraient donc décider de ne pas débourser une somme allant de 60 $ à 100 $ pour passer un examen de la vue, croit-il.

Cette décision pourrait avoir des conséquences néfastes sur leur santé visuelle et contribuer à accroître l’isolement des personnes âgées.

M. Prud’homme demande au gouvernement et aux optométristes de se rasseoir à la table de négociations pour trouver un terrain d’entente.

Les quatre organismes ayant décidé de faire front commun sont le Réseau FADOQ, l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), l’Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP) et l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ).