Daniel Lamarre, lorsqu’il avait foulé le tapis rouge du spectacle Tout écartillé, en 2016.

Le Cirque du Soleil à Trois-Rivières: le pari réussi de Daniel Lamarre

Trois-Rivières — Lorsqu’il a accepté, en 2014, de signer le Cirque du Soleil à Trois-Rivières, le président et directeur général du Cirque, Daniel Lamarre, acceptait de prendre un pari très risqué, celui de faire vivre en région un spectacle exclusif par année, dans un amphithéâtre qui n’avait encore jamais fait ses preuves. Aujourd’hui, à l’aube de la première du cinquième opus de la série Hommages, Daniel Lamarre n’a pas le temps de se féliciter du succès obtenu jusqu’à maintenant: il s’inquiète surtout d’en mettre une fois de plus plein la vue au public trifluvien.

Car si le pari semblait risqué au départ, le pari demeure maintenant celui de satisfaire un public qui commence à avoir vu beaucoup de spectacles du Cirque du Soleil dans cette enceinte, et qui devient de plus en plus exigent. «Les gens de Trois-Rivières sont devenus des experts du Cirque du Soleil. C’est notre responsabilité, et ça nous met aussi de la pression, d’apporter de nouvelles idées, de nouveaux numéros et de faire en sorte de surprendre les gens avec de nouvelles façons de faire», constate le PDG du Cirque, qui ne manquera certainement pas d’être à Trois-Rivières pour la première de Joyeux calvaire - Hommage aux Cowboys Fringants, mercredi.

Si Daniel Lamarre n’a pas vu la totalité du spectacle à ce jour, il en connaît déjà assez pour savoir que la production rencontrera les plus hauts standards que se fixe toujours le Cirque du Soleil. «J’aime les surprises, et je veux pouvoir me garder quelques surprises pour le soir de la première. Mais évidemment nous avons des points de vérification réguliers avec l’équipe de production afin de connaître les progrès que le spectacle connaît. Nous travaillons de façon méthodique», explique-t-il.

Le projet de fou d’emmener le Cirque à Trois-Rivières, il y a quelques années, c’était le projet d’un seul homme attaché à sa région d’origine. Une réalité qui n’est plus la même aujourd’hui, constate celui qui est natif du secteur Grand-Mère. «C’est devenu le projet de plusieurs personnes et aujourd’hui, il y a tout plein de gens au Cirque qui s’identifient à Trois-Rivières. Ce n’est plus juste le projet de Daniel. Et je suis aussi très heureux de voir toute la symbiose et la complicité qui se sont développées entre les deux équipes, la nôtre et celle de l’Amphithéâtre Cogeco. Ça transparaît dans la vente de billets qui bat toujours des records. Ces gens ont appris à bien faire le marketing autour de nos événements et de leur amphithéâtre à la fois», mentionne Daniel Lamarre.

Il se félicite par ailleurs de voir l’importance que donne l’organisation au fait de faire affaire, autant que possible, avec des gens de Trois-Rivières pour travailler sur les spectacles. Notant au passage la présence, cette année, de Vincent Desjardins et de sa troupe au niveau des chorégraphies, Daniel Lamarre se réjouit de savoir que de telles collaborations permettent également au Cirque du Soleil de découvrir de nouveaux talents.

Daniel Lamarre a récemment accepté de diriger un groupe de gens d’affaires dédié à faire la promotion des Patriotes de l’UQTR.

C’est également l’impact sur l’économie de toute une région qui fait dire à Daniel Lamarre que le pari pris il y a plusieurs années en valait la peine.

«Trois-Rivières est proche de Montréal ou de Québec. Je l’observe juste avec nos employés, au Cirque du Soleil. Les premières années, ils se déplaçaient pour venir voir le spectacle et repartaient le soir même. Avec le temps, ils ont découvert la place et ça leur a donné le goût de rester. Ce n’est pas rare que plusieurs d’entre eux prennent une ou deux journées de congé et prolongent leur séjour à Trois-Rivières en venant voir le spectacle. Si c’est le cas pour nos employés, c’est évidemment le cas pour le public de l’extérieur, et c’est une belle nouvelle pour l’économie de la région», croit-il.

Dix ans

On le sait, l’entente initiale de cinq ans du Cirque du Soleil a finalement été prolongée à dix ans. Après la présentation de Joyeux calvaire, le Cirque du Soleil devra se poser des questions sur la suite des choses, sur les cinq prochaines années à venir. Devra-t-on poursuivre avec le concept de la série Hommages? Est-il temps de laisser place à une autre forme de concept? S’il n’a pas la réponse définitive, Daniel Lamarre sait au moins que le concept devra servir la musique québécoise.

«La formule précise, je ne sais pas de quoi elle aura l’air, mais c’est certain que je veux maintenir l’association de la musique québécoise avec le Cirque du Soleil. C’est le seul spectacle que nous faisons dans le monde qui peut nous permettre à ce point de travailler avec des gens de chez nous et d’utiliser la musique de chez nous. C’est unique à Trois-Rivières, et j’ai bien l’intention de le maintenir», clame celui qui rappelle que contrairement aux spectacles présentés dans le Vieux Port de Montréal et qui sont appelés à voyager partout dans le monde, les spectacles de Trois-Rivières sont, et seront toujours, des exclusivités mondiales.

Bénévolat

Si on l’a vu s’impliquer pour faire venir le Cirque dans sa région natale, Daniel Lamarre continue également d’épouser deux grandes causes locales qui lui tiennent à cœur. Toujours très dévoué pour l’organisation du Camp du Lac-en-Cœur, qu’il a fréquenté étant plus jeune et dont le père, Gilles Lamarre, a déjà été président de la Fondation, Daniel Lamarre a aussi récemment accepté d’être à la tête d’une équipe de gens d’affaires dévoués à faire la promotion de l’équipe de hockey des Patriotes de l’UQTR.

Daniel Lamarre et Luc Plamondon, lors du spectacle Stone, en 2017.

D’ailleurs, les billets de saison de l’équipe seront en vente lors des représentations du spectacle Joyeux Calvaire. Une façon, note Daniel Lamarre, de redonner à la communauté.

«J’ai été très choyé dans la vie et je veux redonner. Je suis un grand fan de hockey, et je veux faire en sorte que les Patriotes deviennent l’équipe de Trois-Rivières. Certains sont sceptiques, peut-être. Mais les gens étaient également sceptiques quand j’ai pris le pari de réussir à vendre au moins 50 000 billets par été pour un spectacle du Cirque du Soleil à Trois-Rivières», lance-t-il en éclatant de rire.