La carte représente le ciel tel qu’on pourra l’observer à la mi-septembre vers 21 h 30 (heure avancée de l’Est), une heure plus tard au début du mois, une heure plus tôt à la fin. Pour l’utiliser, tenez la carte au-dessus de votre tête, en alignant les points cardinaux. Les lignes pleines identifient les constellations, tandis que la bande claire indique le tracé de la Voie lactée. La position des planètes est indiquée pour le 15 du mois. Cette carte est disponible en haute résolution sur espacepourlavie.ca, section « Se documenter ».

Le ciel de septembre 2019: un voyage en quatre dimensions

Peut-être ne l’avez vous jamais réalisé, mais lorsque vous observez le ciel la nuit, vous faites un vertigineux voyage dans l’espace et le temps. Le mois de septembre est très propice pour vivre cette expérience cosmique !

À l’échelle humaine, avec nos seuls sens, il nous est impossible de mesurer la distance des étoiles : le ciel nous apparaît en deux dimensions. Mais vous vous en doutez, le ciel n’est pas une voûte fixe au-dessus de nos têtes, c’est un espace tridimensionnel.

Intuitivement, on pourrait penser que les étoiles les plus brillantes sont les plus proches. C’est généralement vrai, mais on ne peut pas toujours s’y fier.

Prenons par exemple le fameux Triangle d’été, bien visible ce mois-ci au-dessus de nos têtes à la tombée de la nuit (référez-vous à la carte).

Véga, en haut et à droite du triangle, est située à 25 années-lumière de nous; Altaïr, en bas, se trouve à 17 années-lumière. Ces deux étoiles sont relativement proches, astronomiquement parlant. Maintenant, repérons Déneb, en haut et à gauche : elle est située à la distance étonnante de 1550 années-lumière, près de dix fois plus loin !

Cela signifie que le Triangle d’été est en réalité très déformé dans l’espace : son sommet supérieur gauche est beaucoup plus loin que les deux autres.

Autre exemple : l’étoile hypergéante Mu de la constellation de Céphée, connue aussi sous le nom de l’étoile Grenat à cause de sa teinte rouge remarquable. Avec un diamètre de 1300 fois celui du Soleil, elle est intrinsèquement cent mille fois plus lumineuse que le Soleil ! À l’œil, cependant, elle ne semble pas si brillante (magnitude +3,6), car elle est possiblement située à 5300 années-lumière ! Sa distance exacte reste difficile à déterminer, mais c’est l’une des étoiles visibles à l’œil nu les plus distantes.

À la campagne ou dans un parc le soir, imaginez la portée de votre regard dirigé vers le ciel. Imaginez des rayons de différentes longueurs, des « courts » et des « longs », qui partent de votre être et qui atteignent les étoiles, une à une, sur des distances qui s’étalent sur des milliers de milliards de kilomètres. Vous verrez, l’exercice donne le vertige !

Le vertige ne s’arrête pas là... La lumière voyage à 300 000 kilomètres par seconde. En un an, elle parcourt la distance d’une année-lumière soit environ dix mille milliards de kilomètres ! La lumière prend donc un certain temps à nous arriver des étoiles : exactement une année pour chaque année-lumière. Lorsqu’on dit que Véga est située à 25 années-lumière, cela veut également dire que sa lumière prend 25 ans à nous parvenir. On la voit donc 25 ans dans le passé. En regardant le Triangle d’été, d’un coup on remonte le temps de 25 ans, 17 ans et 1550 ans ! On remonte à 5300 ans si on regarde vers Mu de Céphée. Wow !

Aussi visible en septembre, l’un des astres les plus lointains que l’on puisse distinguer à l’œil nu est la galaxie d’Andromède. En l’observant à l’œil ou avec des jumelles, notre rétine capte une lumière vieille de plus de 2,5 millions d’années !

Grâce à la puissance de l’astronomie et de l’imagination, en observant le ciel vous voyagez dans l’espace et dans le temps !

Le système solaire

Plus près de nous, peu de phénomènes remarquables sont observables cette année en septembre. La pleine lune aura lieu le 14 à 0 h 33, heure avancée de l’Est, et la nouvelle lune le 28 à 14 h 26. L’équinoxe, qui marque le début de l’automne astronomique, surviendra le 23 septembre à 3 h 50 du matin.

Côté planètes, seules Jupiter et Saturne sont visibles, relativement basses à l’horizon à la tombée de la nuit. Jupiter, très brillante, est le premier astre à s’allumer au crépuscule, en direction sud-sud-ouest. Lorsque le ciel s’assombrit davantage, on aperçoit Saturne qui culmine au sud, 22 degrés au-dessus de l’horizon. Le soir du 5 septembre, au crépuscule, le premier quartier de Lune repose quelques degrés à droite de Jupiter. Le lendemain soir, la Lune gibbeuse se retrouve à la gauche de Jupiter. Le 7 septembre, la Lune se trouve maintenant à droite de Saturne. Enfin, le soir du 8 septembre, on retrouve la Lune 5 ½ degrés à gauche de Saturne au crépuscule.

Bonnes observations !

Sébastien Gauthier est astronome au Planétarium Rio Tinto Alcan

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