Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard
Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations invite à une réconciliation essentielle

Au cours des trois derniers mois de pandémie au Canada, plus de citoyens et citoyennes autochtones sont morts lors d’interventions policières que par la faute de la COVID-19, indique Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL). 

En date du 29 juin, le Service aux Autochtones Canada (SAC) compilait six décès associés au virus dans les communautés des Premières Nations au pays.

Au-delà du Mois national de l’histoire autochtone qui s’est terminé mardi, la mort de George Floyd aux États-Unis a donné une nouvelle vitalité aux mouvements antiracisme au Canada, notamment dans les communautés autochtones qui déplorent la mort de huit citoyens et citoyennes issus des Premières Nations lors d’interventions policières dans les trois derniers mois.

«La relation entre les services policiers et nos communautés a toujours été remise en question, mais on n’est jamais arrivé à une étape où les réformes nécessaires ont été menées», soutient Ghislain Picard. Les récents évènements redonnent un souffle à leur volonté d’exiger du gouvernement des réformes devenues «incontournables» aux yeux des communautés autochtones, rapporte le chef de l’APNQL.

Les rapprochements essentiels

En ce jour symbolique, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) invite les Canadiens et les Canadiennes à prendre un temps d’arrêt pour réfléchir à la place accordée aux citoyens et aux citoyennes des Premières Nations dans la société canadienne et son système. «Évidemment, il y a la pandémie, mais il y a quand même des aspects sur lesquels on peut se permettre de favoriser des rapprochements», affirme Ghislain Picard, chef de l’APNQL.

Le Mois national de l’histoire autochtone tente depuis 11 ans de favoriser les rapprochements entre les citoyens. «Il ne faut pas se décourager», encourage Ghislain Picard qui souhaite donner davantage de visibilité à ce mois tout en faisant en sorte qu’il soit utilisé conformément aux objectifs qui lui sont associés, soit l’éducation, le rapprochement et la meilleure connaissance de l’autre. 

Pour le chef de l’APNQL, l’histoire du Canada est une histoire d’accueil : depuis l’arrivée des premiers Européens jusqu’aux plus récents réfugiés. «Dans ce pays ayant une histoire d’accueil, nous devons nous demander comment nous en sommes venus à parler de réconciliation avec les Premières Nations pour décrire une relation tellement détériorée qu’elle est à reconstruire», communique l’APNQL.

Pour entamer cette réflexion et s’engager dans le chemin de la réconciliation, il n’est pas essentiel d’attendre que les politiciens réagissent, souligne Ghislain Picard. Il salue d’ailleurs une initiative «tellement significative» de la ville de Saint-Raymond en ce 1er juillet. «Ils ont organisé une activité destinée à faire connaître les Premières Nations», explique le chef de l’APNQL.

Ce mercredi après-midi, les citoyens et citoyennes de cette municipalité étaient invités à participer à une activité d’interprétation sous la forme d’un rallye, en lien avec la présence des Premières Nations sur le territoire de Saint-Raymond. «C’est à partir de petits exemples comme ça qu’on en crée d’autres», se réjouit Ghislain Picard. 

C’est aussi par l’exemple qu’il espère que le gouvernement Legault articulera un jour les mots «racisme systémique», comme la mairesse de Montréal l’a déjà fait ainsi que le premier ministre du Canada.