Dans un communiqué publié dimanche, le cabinet du ministre Ralph Goodale écrit que «le Canada est déçu que le Royaume-Uni ait pris cette mesure unilatérale».

Le Canadien «Jihadi Jack» privé de sa citoyenneté britannique

OTTAWA — Le ministère fédéral de la Sécurité publique reproche au Royaume-Uni de «se décharger de ses responsabilités» en révoquant la citoyenneté d'un individu britanno-canadien détenu en Syrie.

Dans un communiqué publié dimanche, le cabinet du ministre Ralph Goodale écrit que «le Canada est déçu que le Royaume-Uni ait pris cette mesure unilatérale».

Surnommé «Jihadi Jack» par les médias britanniques, Jack Letts est détenu depuis environ deux ans dans une prison kurde. Il s'était rendu en Syrie afin d'appuyer Daech (groupe armé État islamique).

Selon le ministère de l'Intérieur britannique, révoquer la citoyenneté à un de ses ressortissants est un moyen pour contrer la menace terroriste. Il a ajouté que le gouvernement ne formule pas de commentaire sur les cas individuels.

«La décision de retirer une double-citoyenneté à un individu est fondée sur les conseils de responsables, d'avocats et des agences de renseignements ainsi que sur toute l'information disponible», dit le ministère.

Les parents de Letts, John Letts et Sally Lane, avait reconnu coupable en juin d'avoir financé le terrorisme après avoir tenté d'envoyer de l'argent à leur fils. Le couple résidant à Oxford, en Angleterre, avait été condamné à une peine d'emprisonnement de 12 mois avec sursis.

John Letts avait rédigé l'an dernier une lettre aux députés canadiens pour leur dire que son fils n'était pas un terroriste et méritait la protection du Canada. Dans cette missive, il explique que l'argent devait permettre de payer «des contrebandiers», le seul moyen, selon lui, de faire sortir Jack de la Syrie.

Dans un rapport publié en 2018, le ministère faisait état de la présence à l'étranger d'environ 190 voyageurs extrémistes ayant un lien avec le Canada, dont la moitié est en Syrie, en Turquie ou en Irak.

Le cabinet de M. Goodale fait aussi valoir qu'il n'existe «aucune obligation légale de faciliter leur retour au pays».

Il rappelle que l'objectif principal du ministère «est d'enquêter, d'arrêter, d'accuser et de poursuivre tout Canadien impliqué dans le terrorisme ou l'extrémisme violent».

«Ils doivent être tenus responsables de leurs actes», peut-on lire dans le communiqué.

John Letts avait déclaré l'an dernier, qu'Affaires mondiales Canada avait dit, pendant des mois à sa famille, que l'agence déployait des efforts pour faire libérer son fils, mais qu'elle avait finalement décidé que c'était trop dangereux.

Le cabinet de M. Goodale a indiqué dans le communiqué que le Canada n'exposera pas ses agents consulaires «à des risques excessifs dans cette partie dangereuse du monde».