À travers le pays, le détaillant compte 130 points de vente, dont quatre dans la région, soit aux Galeries de la Capitale, à Fleur de Lys, à Laurier Québec et aux Galeries Chagnon.

Le bureau de la concurrence enquête sur Sears

«Sears Canada est en train de perdre sa crédibilité auprès des consommateurs et il pourrait être difficile pour la compagnie de vendre sa marque si elle le souhaite à la fin de sa liquidation».

Pour le professeur titulaire du Département de management de l’Université Laval, Yan Cimon, le présumé stratagème de Sears Canada pour ses prix est «surprenant» et n’est pas monnaie courante. À quelques semaines du temps des Fêtes, le détaillant a été accusé au cours des dernières semaines par plusieurs consommateurs canadiens d’avoir gonflé le prix de certains produits durant sa vente de liquidation.

D’ailleurs, plusieurs photos ont été partagées sur les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, où on peut voir un autocollant qui couvre le prix initial avec un tarif supérieur au prix courant. 

Jeudi, on apprenait que le Bureau de la concurrence se penchait sur ces allégations. Dans son septième rapport à la Cour supérieure de justice de l’Ontario, FTI Consulting Canada Inc (le contrôleur nommé par la cour) a indiqué que l’agence fédérale avait transmis des lettres, le 8 novembre, aux liquidateurs afin de vérifier certaines informations selon lesquelles les prix de certaines marchandises auraient été haussés avant la vente de liquidation.

«Le Bureau utilise toute une gamme d’instruments pour faire appliquer la Loi sur la concurrence en réponse à des cas de non-conformité réels ou potentiels», affirme au Soleil la porte-parole Mélanie Beauchesne. «En ce qui concerne les actions possibles alors qu’une compagnie est placée sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), nous pouvons confirmer que la Loi sur la concurrence est une loi d’application générale et s’applique à toutes les compagnies, y compris celles qui seraient sous la LACC», poursuit-elle.

Du côté de l’Office de la protection du consommateur (OPC), trois plaintes en lien avec ces allégations ont jusqu’à présent été enregistrées. L’organisme conseille aux chasseurs d’aubaines qui ont l’intention de profiter des soldes de liquidation «de comparer les prix ailleurs pour détecter, le cas échéant, les rabais qui pourraient être gonflés».

Toutefois, puisque Sears Canada fermera tous ses magasins au pays à la fin décembre, il serait surprenant qu’une enquête soit ouverte.

«C’est quelque chose qui n’est pas censé se produire. Même si une entreprise ferme, la marque de l’entreprise en raison de sa notoriété est un actif qu’on cherche à protéger. C’est un actif qui a une valeur marchande. Cela pourrait être cédé ou vendu. C’est dommage», note le professeur de l’Université Laval, Yan Cimon. «Et le temps des Fêtes est le moment idéal pour maximiser la récupération de la valeur des actifs. Maintenant, est-ce que cette pratique de prix va nuire à la compagnie ? Il n’est pas impossible que des consommateurs décident de tourner le dos à Sears par manque de confiance», poursuit-il.

«Un raccourci»

Du côté du détaillant, dans un échange de courriels au début du mois avec Le Soleil, le porte-parole soulignait qu’il s’agissait d’articles ayant connu une augmentation de prix en prévision de la nouvelle saison.

«Des changements de prix sont effectués de temps à autre dans le commerce de détail afin de refléter des prix concurrentiels sur le marché de détail canadien», affirme le responsable des communications, Vincent Power. «En ce qui concerne les changements de prix réguliers, les magasins sont priés de retirer l’étiquette d’origine avant d’appliquer la nouvelle. Dans certains magasins, sur certains articles, on dirait que le personnel a simplement appliqué le nouveau prix sans retirer l’ancien... quelqu’un a pris un raccourci, ce qui n’aurait pas dû être fait», se défend-il. 

Sears Canada tient toutefois à préciser que si un client est victime de cette situation, le prix le plus bas lui sera accordé. L’entreprise assure qu’aucun ajustement de prix n’a été effectué depuis le début de la vente de liquidation, autre que les rabais annoncés.

À travers le pays, le détaillant compte 130 points de vente, dont quatre dans la région, soit aux Galeries de la Capitale, à Fleur de Lys, à Laurier Québec et aux Galeries Chagnon. Ce sont près de 12 000 travailleurs qui seront touchés par cette fermeture, dont 430 à Québec et à Lévis. 

Avec La Presse Canadienne