Le Boeing 737 Max 8 donne du fil à retordre à Air Canada

L’interdiction de vol toujours en vigueur pour les Boeing 737 Max 8 donne du fil à retordre à Air Canada, qui s’attend à transporter moins de passagers au troisième trimestre - qui constitue le cœur de la saison estivale.

De plus, l’entreprise établie à Montréal devra patienter au moins jusqu’au 8 janvier, soit quatre mois de plus que l’échéancier précédent, avant de pouvoir espérer voir ces appareils réintégrer sa flotte.

Mais en dépit d’un recul anticipé de 2 % de sa capacité au troisième trimestre, alors qu’on prévoyait auparavant une croissance de 3 %, Air Canada prévoit livrer un résultat avant intérêts, impôts et amortissements en hausse de 5 % - d’environ 1,33 milliard $.

Ces prévisions ont été dévoilées par le plus grand transporteur aérien au pays, mardi, à l’occasion de la publication de ses résultats du deuxième trimestre, où il a affiché un bénéfice ajusté ayant dépassé les attentes des analystes. Ses revenus ont aussi bondi d’environ 10 % pour atteindre un niveau record de 4,76 milliards $ pour cette période.

«Bien que nous anticipons un bon troisième trimestre, il ne sera pas aussi bon qu’il aurait pu l’être», a toutefois prévenu le président et chef de la direction d’Air Canada, Calin Rovinescu, au cours d’une conférence téléphonique.

Néanmoins, les bons résultats financiers livrés par la société ont fait grimper l’action à la Bourse de Toronto, où elle a clôturé à un nouveau sommet de 46,69 $, en hausse de 1,60 $, ou 3,55 %.

M. Rovinescu n’a pas voulu chiffrer l’impact financier attribuable à l’interdiction de vol qui frappe les appareils construits par Boeing, disant ne pas vouloir négocier publiquement avec l’avionneur américain. Vingt-quatre Boeing 737 Max 8 sont actuellement cloués au sol. L’entreprise s’attendait à exploiter 36 appareils à la fin juin et avoir reçu environ 50 avions au milieu de l’année 2020.

Lorsque l’interdiction de vol sera levée, il pourrait s’écouler jusqu’à un an avant que toute la flotte de Boeing 737 Max 8 d’Air Canada soit pleinement opérationnelle, selon le chef de la direction financière du transporteur aérien, Michael Rousseau.

«Cela a été extrêmement frustrant à gérer», a-t-il indiqué.

L’analyste Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, a estimé, dans une note, que la diminution de la capacité constituait le «bon côté des choses» et que cela était de «bon augure pour les produits passages (le prix moyen d’un passager paie par mile)».

Des écrasements survenus en octobre en Indonésie ainsi qu’en Éthiopie en mars, où 346 personnes, dont 18 Canadiens, ont perdu la vie, ont incité les autorités réglementaires du monde entier à clouer au sol les Boeing 737 Max 8 et Max 9 pour des raisons de sécurité.

En entrevue téléphonique, lundi, le chef de la direction de WestJet, Ed Sims, avait indiqué que le retrait des 13 Boeing 737 Max 8 de la flotte de l’entreprise se traduirait par un «impact négatif important», sans toutefois aller plus loin.

Une bonne prime

Interrogé par les analystes, M. Rovinescu également brièvement évoqué l’entente visant l’acquisition du voyagiste Transat A.T. pour 520 millions $, ou 13 $ par action.

Si certains actionnaires de la société mère d’Air Transat ont estimé que le prix offert par Air Canada n’était pas assez élevé, le grand patron de la compagnie aérienne a estimé que la transaction serait profitable pour toutes les parties prenantes.

«Cela inclut les actionnaires de Transat, qui vont recevoir une prime significative par rapport à ce que valait l’action avant avril», a-t-il dit.

Annoncée en juin, l’entente, dont la clôture est prévue au début de 2020, devra être approuvée par au moins les deux tiers des actionnaires de Transat A.T. La transaction pourrait se heurter à certains obstacles, dont un examen minutieux des autorités réglementaires.

Au deuxième trimestre terminé le 30 juin, Air Canada a affiché un résultat net de 343 millions $, ou 1,26 $ par action, comparativement à une perte de 102 millions $, ou 37 cents par action, à la même période il y a un an. Abstraction faite des éléments non récurrents, son bénéfice ajusté a été de 88 cents par action, par rapport à 47 cents par action au deuxième trimestre l’an dernier.

Selon les données compilées par la firme Refinitiv, les analystes tablaient sur un profit ajusté par action de 76 cents sur des revenus trimestriels de 4,71 milliards $.