Laurence Vincent Lapointe blanchie: «Je suis tellement soulagée» [VIDÉO]

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
La Presse canadienne
TROIS-RIVIÈRES — L’accusation de dopage portée contre la canoéiste québécoise Laurence Vincent Lapointe est levée par la Fédération internationale de canoë, ce qui pourrait lui permettre de participer aux Jeux olympiques de Tokyo, l’été prochain, avec l’équipe du Canada de canoë-kayak.

En point de presse à Trois-Rivières, lundi matin, Laurence Vincent Lapointe a exprimé à quel point elle était soulagée. "C’est vraiment pour moi une nouvelle incroyable. Je suis tellement soulagée. Ça fait du bien de mettre fin à ce périple et me concentrer sur ce que j’aime, retourner sur l’eau et me préparer en vue des Jeux", a-t-elle indiqué, visiblement émue et heureuse.

Ses parents étaient présents à Trois-Rivières pour la soutenir dans cette grande journée. "Je veux remercier le monde qui ont été avec moi tout au cours de ces mois. Mes parents ont été incroyables. Je suis prête, je m’enligne pour les Jeux", a-t-elle ajouté.


Son avocat, Me Adam Klevinas, a précisé que les analyses menées par le clan Vincent-Lapointe ont permis de prouver que la contamination était due à une substance qui avait été ingérée par l'ex-conjoint de l'athlète, et qui l'aurait contaminé par le biais de fluides corporels. Il a également été prouvé qu'elle n'avait jamais été au courant que ce dernier avait ingéré cette substance. 

"Nous sommes très contents de la décision. C’est un résultat qui est juste. On n’a pas demandé quelque chose que Laurence ne méritait pas, quelque chose qui n’était pas soutenu par les preuves analytiques, scientifiques et factuelles", a-t-il indiqué, précisant que les analyses ont été multipliées, allant du test du polygraphe aux analyses de cheveux, en passant par l'analyse d'épices, d'aliments et même de chocolat reçu d'une autre athlète et qu'elle a pu ingérer.

"Laurence est un cas de malchance. Elle a toujours été une athlète propre. Le soin qu’elle prenait pour être sûre que ses produits et les aliments qu’elle mangeait n’allaient pas lui causer de problème. C’est vraiment de la malchance. C’est le temps pour elle de retourner sur l’eau, de s’entraîner et de foncer vers le podium", indique l'avocat.


L'athlète confie que les deux premiers mois suivant la découverte de la substance dans son organisme et sa suspension ont été très pénibles. "J’étais amorphe, j’étais dans un creux, je ne savais pas trop quoi faire. J’étais comme une flèche tirée vers une cible qui est les Jeux olympiques. J’étais encore la flèche en plein vol, mais tout s’était effondré autour de moi. Rien ne se passait et j’étais tellement perdue. Un moment donné, il y a eu un déclic qui s’est fait et je me suis dit: je suis une athlète, il n’y a rien que je puisse faire d’autre que de m’entraîner", a-t-elle expliqué.

Quant à la réaction du public, Laurence Vincent Lapointe dit espérer que celui-ci saura reconnaître qu'elle dit la vérité, mais se réjouit d'avoir le soutien de son entourage. "Le monde qui me connaissent depuis toujours, ils sont avec moi et ils savent que je ne l’ai pas fait. Le monde important pour moi savent que je dis la vérité. J’ai leur support et c’est tout ce qui compte pour moi", explique-t-elle..

Dans un bref communiqué transmis lundi, la Fédération explique qu’elle a cru la version fournie par l’athlète de Trois-Rivières qui soutenait ne pas avoir pris en connaissance de cause du ligandrol, un agent anabolisant qui permet d’augmenter la masse musculaire.

Des traces de ligandrol avaient été trouvées dans les échantillons à la suite d’un contrôle antidopage inopiné effectué à Montréal à la fin du mois de juillet dernier alors qu’elle s’entraînait en prévision des Championnats du monde. La multiple championne du monde était suspendue provisoirement par l’ICF depuis le mois d’août.

Rappelons que dimanche on apprenait que l'athlète estimait avoir été contaminée par son ex-conjoint

Vincent Lapointe, sacrée 13 fois championne mondiale de canoë depuis le début de sa carrière, s’est entraînée en Floride au cours des derniers jours, mais loin des activités de l’équipe nationale canadienne, en raison de sa suspension.

Elle vise deux médailles d’or aux Jeux olympiques de Tokyo, les premiers avec des compétitions de canoë féminin.

On se souvient que la Trifluvienne a longtemps mené un combat afin que sa discipline se retrouve au sein de la grande famille de l’olympisme. Le canoë masculin, par exemple, est présenté aux Jeux depuis 1936. «Je vais me donner à fond à toutes les pratiques. Il reste 178 jours avant les Jeux, je veux retrouver mon niveau. Je suis confiante que je peux le faire.»

«Je suis prête», a-t-elle répété. «[Mon rêve olympique], je le veux. Je l’ai au bout des doigts.»

Avec la collaboration de Louis-Simon Gauthier