Gilles Kègle a lancé un appel à l’aide pour continuer à offrir des services funéraires dans la dignité.

L’appel à l’aide de l’«infirmier de la rue» Gilles Kègle entendu

Le gouvernement de la CAQ s’engage à verser une aide financière rapide à l’infirmier de la rue Gilles Kègle pour qu’il puisse continuer à offrir des funérailles aux personnes décédées seules et sans-le-sou à Québec.

Interrogée à la période des questions à l’Assemblée nationale mercredi, la ministre de la Santé Danielle McCann a soutenu que son gouvernement était «très sensible» au cri du cœur lancé par M. Kègle dans les pages du Soleil.

«Nous devons certainement apporter notre support à M. Kègle. […] Nous prenons l’engagement de supporter cette personne qui s’est dévouée tellement pour des gens dans le besoin, dans des situations particulièrement préoccupantes», a indiqué Mme McCann. 

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La ministre responsable de la Capitale-Nationale Geneviève Guilbault a appelé M. Kègle mercredi pour l’assurer de son soutien. Elle enverra d’ailleurs une lettre à tous ses collègues députés de l’Assemblée nationale pour solliciter leur contribution à cette cause. 

Son directeur des communications Jean-François Del Torchio n’a pas été en mesure de préciser le montant de l’aide qui sera accordée à la fondation, ni de quel ministère elle proviendra, mais il soutient que le gouvernement «vise une aide ponctuelle à court terme», qui sera d’un «montant appréciable». Il ajoute que «rien n’est exclu» en ce qui a trait à une aide récurrente à plus long terme. 

À l’Assemblée nationale, la députée libérale Monique Sauvé a exhorté le gouvernement d’agir pour préserver «la dignité des personnes seules». Le député solidaire Sol Zanetti a aussi réclamé que l’on soutienne ce «héros des laissés-pour-compte» de Québec. M. Kègle avait fait une demande d’aide financière de 40 000 $ à l’ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette avant les élections de l’automne 2018. Sa demande avait toutefois été refusée. 

Entre 2011 et 2013, l’ex-premier ministre libéral Jean Charest avait toutefois octroyé 11 000 $ de subventions discrétionnaires à la fondation Gilles Kègle. 

Joint par Le Soleil mercredi après-midi, le principal intéressé était visiblement satisfait de la tournure des événements. «Mme Guilbeault m’a confirmé qu’elle voulait me rencontrer dans les semaines à venir. Une dame du ministère de la Santé a également communiqué avec moi», s’est-il réjoui.

Population généreuse

Le public s’est aussi montré sensible à sa cause. Mercredi, en milieu d’avant-midi, le téléphone de la fondation ne dérougissait pas. Déjà, 120 appels reçus avaient permis d’amasser plus de 10 000 $, comme quoi l’œuvre menée par M. Kègle auprès des démunis touche la population. En 33 ans, plus de deux millions de visites ont été effectuées pour accompagner les personnes isolées. Chaque mois, 150 repas leur sont servis.

Celui qu’on surnomme l’«infirmier de la rue» s’était confié au Soleil sur les difficultés financières de sa fondation qui doit faire face à un nombre anormalement élevé de personnes décédées seules et démunies, pour qui elle paie les services funéraires. Sans une aide financière d’urgence, disait-il, l’organisme devra couper dans les services d’accompagnement aux personnes isolées et malades.

Le nombre de personnes décédées pour qui M. Kègle veut offrir des services funéraires dans la dignité a considérablement augmenté depuis les dernières années. En 2012, sa fondation avait pris en charge 26 personnes dont les corps n’avaient pas été réclamés dans les six derniers mois ou dont les proches n’avaient pas les moyens ou l’envie d’offrir une sépulture.

L’année suivante, il avait tenu une cérémonie religieuse pour 23 personnes décédées en seulement six mois. La prochaine qui aura lieu ce vendredi 10 mai à l’église Saint-Roch commémorera le décès de 43 personnes décédées depuis octobre 2018 seulement, grugeant ainsi une bonne partie du budget annuel. M. Kègle évoquait la possibilité de mettre fin à ce service à cause d’un éventuel manque de fonds.

Les personnes intéressées peuvent faire un don à la fondation en téléphonant au 418-524-2626 ou sur le Web à l’adresse gilleskegle.org.