Dany Labrecque s’est introduit chez deux résidants de la Villa Saguenay, mercredi, dix ans après avoir fait la même chose dans plusieurs établissements du genre dans la région.

Labrecque reprend son manège dans les résidences pour personnes âgées

Après s’être tenu tranquille pendant dix ans, le Jonquiérois Dany Labrecque, qui avait semé la terreur en s’introduisant par effraction dans une dizaine de résidences pour personnes âgées dans la région en 2009, est retombé dans ses vieilles habitudes, mercredi. Alors qu’il était en état d’ébriété, il s’est introduit chez deux résidants de la Villa Saguenay, de Chicoutimi, dans l’intention présumée de les voler.

Aujourd’hui âgé de 48 ans, Labrecque a comparu, vendredi, au Palais de justice de Chicoutimi et fait face à deux chefs d’accusation d’introduction par effraction et de tentative d’introduction par effraction pour des gestes commis le 31 juillet, à quelques minutes d’intervalle.

Selon le résumé des faits exposé par la procureure de la Couronne Me Marianne Girard, Dany Labrecque s’est d’abord introduit par la porte d’entrée du logement d’une résidante pendant que celle-ci était dans une autre pièce.

Alarmée par le bruit, la dame en question a surpris le voleur littéralement la main dans le sac, puisque ce dernier tenait la bourse de la victime.

Cette dernière, qui a été hospitalisée pour un choc nerveux et qui éprouve des difficultés à dormir depuis les événements, a déclaré la perte de sa carte de crédit aux policiers. Elle a aussi affirmé que Labrecque s’était excusé avant de repartir la tête basse.

Un deuxième résidant a par la suite reçu la visite de Labrecque dans la même journée. Dès que l’accusé s’est présenté dans ce second logement, l’homme qui l’habite l’a tout de suite interpellé. Labrecque est là encore reparti, sans rien voler cette fois.

«Je ne suis pas fier de ça, de faire de la peine à ces gens-là et à ma famille», a déclaré l’accusé, lors de son témoignage devant le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, vendredi.

Rapidement identifié

Les policiers qui ont répondu à la plainte logée par les deux résidants de la Villa Saguenay ont eu accès aux bandes vidéo des caméras de surveillance. Une fois rendus au poste, les agents ont montré les images à leurs collègues, et des enquêteurs qui étaient en service il y a dix ans ont tôt fait d’identifier formellement Dany Labrecque, qui a ensuite été cueilli à son domicile.

Le modus operandi de celui qui est chef d’équipe à la Maison de quartier de Jonquière a aussi aidé à l’identifier. Tout comme il le faisait en 2009, Labrecque cognait aux portes et faisait mine de chercher une personne au hasard s’il était pris sur le fait.

Antécédents

Il y a dix ans, Dany Labrecque avait fait face à 54 chefs d’introduction par effraction et avait été reconnu coupable sur 25 d’entre eux. Il avait alors écopé de 33 mois de prison. La particularité à l’époque, c’est qu’il était lui-même préposé aux bénéficiaires et profitait de ses connaissances pour s’introduire dans des résidences de Saint-Ambroise et de Saguenay sans qu’il ne soit capté par les caméras vidéos.

En 1994, il avait été accusé de 14 chefs d’introduction par effraction, pour un grand total de 41 verdicts de culpabilité pour des chefs d’introduction par effraction.

Pour ses plus récentes frasques, la Couronne compte demander une peine de 18 mois d’incarcération. Du côté de la défense, l’avocat de Dany Labrecque, Me Julien Boulianne, a évoqué la possibilité d’utiliser une défense d’intoxication volontaire pour tenter d’alléger la possible peine. Le crime d’introduction par effraction est passible d’une peine à perpétuité au Canada.

Dany Labrecque demeure détenu en attente de la suite de procédures, prévues pour le 13 août.