Une étude publiée en janvier indique que les femmes qui sont insatisfaites de la grosseur de leurs seins sont moins enclines à les examiner pour détecter une anomalie.

La taille des seins sous la loupe d’universitaires

De par leur simple taille, les seins peuvent générer de la fierté, de la gêne, de l’admiration ou encore de la honte. La satisfaction des femmes à l’égard de leur poitrine fait maintenant l’objet d’une recherche internationale à laquelle participent deux professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Les professeurs Christophe Maïano et Annie Aimé, qui enseignent au département de psychoéducation et de psychologie de l’UQO à Saint-Jérôme, ont été approchés par le professeur Viren Swami de l’Anglia Ruskin University, au Royaume-Uni, pour se joindre à une étude qui se tiendra « dans plus de 40 pays et de 70 sites de recherche », a indiqué l’UQO.

Les deux professeurs de l’UQO souhaitent ainsi recueillir, par le biais d’un questionnaire papier, l’opinion de quelque 300 femmes de 18 ans et plus sur le sujet. Les chercheurs se limiteront aux Laurentides, puisque les formulaires doivent être remis en personne. « On n’y va pas d’une manière représentative, a expliqué Mme Aimé en entrevue. On espère quand même avoir des femmes de tous les âges et de tous les poids, mais on y va simplement sur une base volontaire. »

L’UQO souligne que « les résultats de cette recherche serviront à approfondir la compréhension transculturelle de l’image corporelle des femmes, plus spécifiquement en ce qui a trait à la taille de leurs seins ». « À plus long terme, les résultats de cette recherche permettront aussi de développer des manières d’améliorer les services et les interventions réalisées auprès des femmes », poursuit l’établissement.

Mme Aimé confie qu’elle s’attend à ce que les résultats soient assez semblables entre certaines régions, comme entre le Québec et la France. « Mais entre le Québec et l’Amérique latine, il peut y avoir plus de différences », croit la professeure.

L’UQO précise que la recherche se fait selon « des normes de confidentialité très strictes ». « Les informations recueillies seront compilées avec celles des autres pays participants et conservées de manière sécuritaire dans une banque de données encryptées et sécurisées », assure-t-on. La collectes des données devrait se terminer vers la fin juin.

Dépistage
En janvier dernier, les médias britanniques avaient rapporté les résultats d’une étude du professeur Swami, publiés dans le journal Body Image, selon lesquels les femmes qui sont insatisfaites de la grosseur de leurs seins sont moins enclines à les examiner pour détecter une anomalie.

Mme Aimé a indiqué que les mêmes aspects seront abordés avec les questionnaires qui seront remplis au Québec. Chaque équipe de chercheurs pourra toutefois choisir un angle distinct pour l’analyse des résultats, précise-t-elle, tandis que le chercheur principal effectuera une analyse globale à l’échelle internationale.

Au Royaume-Uni, sur les 384 femmes interrogées, 44% souhaiteraient de plus gros seins, tandis que 34% aimeraient en avoir de plus petits.

L’étude de l’Anglia Ruskin University indiquait également que les femmes éprouvant une plus grande insatisfaction envers la taille de leurs seins se croient moins à risque de détecter un changement, et que le cas échéant, elle attendent plus longtemps avant de consulter un médecin.