Le coronavirus figure parmi les éléments qui donnent des maux de tête au patron du CN. Les récents blocus ferroviaires par les autochtones ont également paralysé le réseau.

La propagation du COVID-19 donne des maux de tête au CN

La forte baisse de la production chinoise attribuable au nouveau coronavirus freine l’arrivée de biens de consommation au Canada, ce qui nuit aux affaires de la plus importante compagnie ferroviaire au pays.

«Au cours des 20 derniers jours, nous avons constaté une diminution régulière. Et cette semaine, nous observerons un creux, et la semaine prochaine, il y aura nouveau un creux», a déclaré mardi le président-directeur général de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, Jean-Jacques Ruest, en faisant référence à l’arrivée de conteneurs qui contiennent des produits allant des spatules aux pièces détachées.

Les craintes concernant la propagation du virus maintenant appelé COVID-19 — qui a infecté au moins 92 000 personnes et fait plus de 3000 morts — ont incité le gouvernement chinois à prolonger le Nouvel An chinois de deux semaines, pour inciter les gens à demeurer à la maison dans l’espoir d’endiguer l’épidémie.

L’incertitude provoquée par le coronavirus a provoqué d’importants reculs sur les principales places boursières à travers le monde. La semaine dernière, le principal indice boursier du Canada a traversé sa pire séquence depuis la crise financière de 2008.

«À partir de maintenant, j’espère que l’économie se maintiendra, malgré les inquiétudes des 10 derniers jours», a déclaré M. Ruest, qui anticipe néanmoins un mois plutôt «faible» en ce qui a trait à l’arrivée de conteneurs au pays.

Blocus

Le coronavirus figure parmi les éléments qui donnent des maux de tête au patron du CN. Les récents blocus ferroviaires ont essentiellement paralysé le réseau de la société, comme cela avait été le cas lors de la grève des quelque 3200 chefs de train et ouvriers survenue en novembre.

«Cela est très significatif en ce qui a trait aux pertes ventes et d’augmentation des coûts», a souligné M. Ruest.


« À partir de maintenant, j’espère que l’économie se maintiendra, malgré les inquiétudes des 10 derniers jours »
Jean-Jacques Ruest, président-directeur général de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada

L’an dernier, le conflit de travail a coûté 140 millions $ à la société établie à Montréal, selon une estimation publiée en décembre par l’analyste de la Citi Christian Wetherbee.

Le CN a commencé mardi à rappeler la plupart des 450 travailleurs temporairement mis à pied le mois dernier en raison des blocus ferroviaires ayant paralysé quelque 1400 trains de marchandises et de voyageurs. Selon M. Ruest, la «reprise complète exigera plusieurs semaines».

Dans l’est du pays, le réseau de la plus importante compagnie ferroviaire au pays était à l’arrêt depuis le 13 février, une semaine après le blocus des manifestants Mohawk de Tyendinaga qui ont occupé une liaison ferroviaire névralgique à l’est de Belleville, en Ontario.

Le CN a fermé son réseau de l’Est le 13 février, une semaine après le blocus des manifestants Mohawk de Tyendinaga qui ont coupé une liaison ferroviaire clé à l’est de Belleville, en Ontario.

La police provinciale a démantelé le blocus la semaine dernière, qui a été mis en place dans un élan de solidarité avec certains chefs héréditaires de Wet’suwet’en qui s’opposent à un gazoduc qui devrait traverser leur territoire en Colombie-Britannique.

«Nous comptons sur le gouvernement fédéral pour régler ces problèmes grâce des solutions qui seront plus permanentes», a indiqué M. Ruest, lorsqu’interrogé sur le sujet.

Dimanche, les chefs héréditaires sont parvenus à un projet d’accord avec les principaux ministres des gouvernements fédéral et provincial.