Raphaëlle Mallet et Sarah Jarvis, élèves de secondaire 3, ont lancé avec six autres amies Le code des filles l’an passé.

La programmation, pas que pour les gars

La programmation, ce n’est pas qu’une histoire de gars et les filles doivent s’y intéresser et prendre leur place pour combler les emplois de demain. Pour les convaincre, des élèves du Collège François-de-Laval ont lancé l’événement «Le code des filles», dont la seconde édition se tiendra le 6 avril à Laurier Québec.

En 2019, seulement 20 % des programmeurs sont des femmes au Québec. Un chiffre ridicule pour Raphaëlle Mallet et Sarah Jarvis, élèves de secondaire 3, qui ont lancé avec six autres amies Le code des filles l’an passé pour dire aux filles, «la programmation c’est le fun».

Selon les deux jeunes filles, la programmation souffre de nombreux stéréotypes masculins, pourtant la première personne à avoir créé du code était une femme. Ada Lovelace a écrit en 1842 le premier langage informatique pour la machine analytique de Charles Babbage. Mais par la suite, les femmes ont été reléguées sur le banc. «Les hommes ont trouvé ça intéressant et ils ont pris la place. Et maintenant, beaucoup de gens pensent que les programmeurs sont juste des geeks qui ne socialisent pas, mais ce n’est plus ça. C’est humain, la programmation», assure Sarah Jarvis.


« «La programmation est partout. C’est devenu incontournable. Ça peut nous aider à créer soi-même des outils dont on a besoin», a renchéri Raphaëlle Mallet, qui a eu la piqûre de la programmation grâce à son professeur de mathématiques en secondaire 2. »
Raphaëlle Mallet

Langue du futur

Qu’on le veuille ou non, le code prendra de plus en plus de place dans nos vies. Intelligence artificielle, réalité augmentée, sans parler des technologies qui n’ont pas été encore inventées. Tout sera géré par de la programmation, assurent les deux élèves de François-de-Laval.

«La programmation, c’est la langue du futur. Les filles doivent embarquer et se passionner pour ce langage», estime Raphaëlle.

Les deux jeunes filles espèrent que les adultes comprendront dans un délai rapide l’importance d’apprendre cette nouvelle langue et la mettront au programme des secondaires au même titre que des cours plus traditionnels comme les math, le français et l’anglais. «Un cours comme celui-ci va ouvrir des portes et donner le goût aux filles de l’étudier à l’université», assure Sarah. 

Inspirer des vocations

Les deux jeunes filles ont également des parents compréhensifs qui les encouragent dans cette voie, mais beaucoup n’ont pas cette chance. «Mon père travaille dans le domaine, il est très heureux de voir sa fille apprendre le codage. Mais beaucoup de parents ont un moment de recul quand leur fille leur dit qu’elle veut programmer. Il faut expliquer c’est quoi la programmation, et donner envie d’en faire», souligne Raphaëlle.

Raphaëlle et Sarah ont eu la chance de rencontrer des femmes qui travaillent comme programmeuses. «Elles nous ont dit que la programmation a changé leur vie. La plupart ne connaissaient pas ça avant. Beaucoup ne savaient pas quoi faire après le cégep, elles se sont lancées là-dedans et maintenant ce sont des chefs d’entreprises et des personnes très influentes dans leur milieu.» 

Robots et compétition

Lors de l’événement du 6 avril, les visiteurs du Code des filles pourront s’initier à la programmation de robots, suivre des ateliers de codage, rencontrer des femmes inspirantes qui travaillent dans le domaine et participer à une compétition intergénérationnelle. 

Le comité organisateur a également lancé le concours «Si j’étais programmeuse, voici le projet que je développerais pour aider la société», qui se déroule jusqu’au 24 mai.

Pour en savoir plus sur Le code des filles et le concours : http://www.lcdf.ca/