Inspiré par ses voyages et par la culture amérindienne, Bernard Alonso a élaboré sa philosophie de la permaculture humaine, qui vise l’épanouissement des individus par la mise en pratique de leurs talents innés et le meilleur fonctionnement des organisations dans la quête d’un but commun.

La permaculture appliquée à l'humain

La permaculture, une approche d’abord utilisée en agriculture, vise à tenir compte des forces et des faiblesses de chacun des éléments qui composent un système afin de rendre celui-ci le plus harmonieux possible. Bref, tout fonctionne à son mieux lorsque chaque chose est à sa place, un concept que le Frelighsbourgeois Bernard Alonso applique également chez l’humain.

Du temps qu’il avait une ferme biologique à Rougemont, entre 1993 et 2007, M. Alonso s’est familiarisé avec cette technique. « Déjà, l’idée d’enseigner et d’éduquer les autres à l’environnement m’attirait », explique le communicateur, coauteur du livre Permaculture humaine : des clés pour vivre la Transition avec Cécile Guiochon.

Au fil du temps, ce sont d’abord des formations sur la permaculture qu’il a offertes ; mais rapidement, M. Alonso a compris que cette notion pouvait être aussi appliquée chez les individus. « La permaculture, c’est un concept qui imite la nature dans la création de la vie autour de nous, rappelle-t-il. Sur la ferme, je me suis rendu compte que le facteur humain influençait beaucoup les résultats, et j’ai eu l’idée de voir si on pouvait appliquer les lois de la nature sur nos relations. »

Inspiré par ses voyages et par la culture amérindienne, Bernard Alonso a élaboré sa philosophie, qui vise l’épanouissement des individus par la mise en pratique de leurs talents innés et le meilleur fonctionnement des organisations dans la quête d’un but commun. Son approche, qui l’amène à donner des conférences et des formations à travers le monde plusieurs mois par année, n’est ni thérapeutique ni théorique et n’a rien de religieux, avertit-il.

Trouver sa place

Certains parlent de « vocation ». D’autres font référence à « être sur son X ». Bernard Alonso, lui, appelle cela « trouver sa niche ». « On est nés pour faire quelque chose de précis », croit-il.

En somme, l’être humain étant fait pour vivre en société, il doit trouver le rôle qu’il a à accomplir, comme chaque fourmi au sein de sa colonie. « Dans la nature, la coccinelle ne jouera pas le rôle de l’abeille, illustre-t-il. Chez l’humain, c’est possible. »

Et cela cause un certain déséquilibre au sein des groupes sociaux, parce que les individus sont conditionnés à s’adapter au système plutôt que de construire celui-ci autour des aptitudes de chacun, ajoute le conférencier, membre fondateur de l’Université collaborative internationale de la Transition.

Éloge de l’intuition

Chez certaines tribus amérindiennes, les enfants découvrent leur niche grâce à la pratique « des deux pas ». « L’enfant est amené devant tous les outils utilisés par les membres de la communauté. On le laisse aller vers celui qui l’attire le plus, naturellement. C’est comme ça qu’on détermine ce qu’il va faire », explique M. Alonso.

Les enfants devraient être élevés en groupe et non dans les garderies, tout comme pour leurs premières années de scolarité, estime le conférencier. « Nous sommes faits pour vivre en groupe et c’est toute une communauté qui doit élever ses enfants. Actuellement, ils n’ont que pour influence leurs seuls père et mère », déplore-t-il.

Notre société, axée sur la performance, met d’ailleurs beaucoup plus d’efforts à stimuler l’hémisphère gauche de notre cerveau, plus cartésien, rationnel et logique, que notre hémisphère droit, là où logent l’intuition, la créativité et les émotions. « C’est comme si on n’avait plus le temps de laisser libre cours à notre imaginaire », déplore-t-il.

Bernard Alonso profitera des prochains mois pour plancher sur son deuxième ouvrage, dans lequel il abordera en profondeur le concept de niche.